Obsèques de Moïse Brou Apanga : Un discours d’amour fraternel en guise d’oraison funèbre des anciens internationaux

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Les obsèques de l’ancien international gabonais, Moïse Brou Apanga, MBA, qui se sont déroulées samedi 13 mai dernier au stade de Nzeng-Ayong, ont été ponctuées par plusieurs allocutions, faisant office d’oraisons funèbres. De l’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon, ANFPG, au ministère de la Jeunesse et des Sports, en passant par la Fédération gabonaise de football, Fégafoot, et le Football Club Canon 105, (club au sein duquel il évoluait au moment où il a trouvé la mort le 26 avril écoulé en pleine séance d’entraînement), l’oraison funèbre qui a le plus attiré l’attention du public est celle des anciens internationaux , membres de l’ANFPG. Cette oraison funèbre a été lue par son secrétaire général, Paul Ulrich Kessany, PUK, ancien joueur professionnel de Istres, Ligue 2 française, et capitaine des Panthères du Gabon.

Pour lui, il ne s’était jamais imaginé dans un rôle aussi particulier, celui de prononcer une oraison funèbre pour un footballeur, à plus forte raison pour celui qui aura été l’un de ses coéquipiers et plus fidèles amis en équipe nationale pendant quatre ans. Il aurait, selon lui, bien voulu en être dispensé, mais le départ précipité, inopiné et inattendu de MBA l’a conduit à effectuer ce douloureux exercice en tant que secrétaire général de l’ANFPG.

« Moïse, ‘’ l’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie ‘’, écrivait l’écrivain français Jean Jacques Rousseau. C’est l’idée que je garderai de toi à tout jamais, celui d’un homme qui a vécu son rêve».

Avant d’ajouter que, « Nous sommes réunis ici, en ce début d’après-midi, pour te rendre un dernier hommage, toi que nous appelions tous affectueusement ‘’ le Roc ‘’. Moïse, tu viens de partir dans une contrée ignorée dont nul voyageur ne revient. En effet, selon une sagesse africaine, ‘’ la mort est un vêtement que tout le monde portera ‘’, chacun à son heure».

Mais comment lire ce discours, sans que des larmes d’amour et d’incompréhension ne lui montent aux yeux, s’est-il interrogé ? « Comment lire ce texte d’amour fraternel pour toi qui vient de partir et pourtant tellement vivant dans nos cœurs et dans nos souvenirs ?»

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L’orateur a reconnu que la disparition de MBA est encore plus difficile à accepter, qu’il s’en est allé si soudainement, le 26 avril dernier, à la fleur de l’âge, en faisant ce qui a toujours été sa plus grande passion, le football. Comme beaucoup d’anciens footballeurs, PUK a rappelé que le natif d’Abidjan a fait ses premiers pas dans les ruelles de la capitale économique ivoirienne, en se servant des boules rondes faites de tissus enroulés, en guise de ballon.

« Pour vivre ton idéal, tu as entrepris très jeune un long périple à travers l’Europe, puis tu t’es trouvé un point d’attache et des nouvelles racines au Gabon, qui a vu ton talent éclore au grand jour. Alain Giresse a fait de toi l’un des nôtres. Tu étais sans conteste une Panthère des plus vaillantes, qui a arboré avec fierté et honneur le maillot vert-jaune-bleu à 37 reprises, que ce soit en matchs de qualification pour la Coupe du Monde, ou lors des CAN 2010 et 2012. Tu nous as a même confié quelques fois, malgré ta certaine pudeur, que tu te sentais plus gabonais que ivoirien».

L’ancien capitaine des Panthères a rappelé que sur le terrain, MBA était dur sur l’homme, et il négligeait le danger physique en se donnant toujours à 100 %. Il avait de la glace dans les veines, du feu dans le cœur, de la synchronisation et de l’équilibre dans les pieds pour bloquer les attaquants adverses, faisant de lui un défenseur redoutable, un adversaire déterminé.

« Par ta rigueur, tu as grandement participé, avec d’autres anciens joueurs, à redonner confiance aux gabonais dans leur équipe nationale. Mais surtout, tu as inspiré toute une génération de joueurs professionnels gabonais, tant tes prestations bonifiaient le jeu de tes coéquipiers. ‘’ Roc ‘’, tu faisais partie de l’âme des Panthères. Tu étais un vrai combattant et nous te remercions pour cela».

Pour PUK, cette solidité lui a d’ailleurs permis de jouer quatre ans durant à Brest, passant de la Ligue 2 à la Ligue 1, et devenant l’un des joueurs les plus emblématiques de cette équipe. « Kermali, ancien international marocain, avec qui tu as joué en défense pendant trois ans, déclare d’ailleurs que tu es le meilleur central avec qui il a évolué en carrière et que tu étais un soldat. Les fans brestois, conquis par ton talent, t’avaient surnommé ‘’ M. Brou ‘’, c’est dire… ».

Avant de préciser que, sa présence physique, son regard vif et son sourire interpellaient de prime abord. Dans son approche de l’autre marquée par l’ouverture d’esprit et la curiosité, son attitude d’écoute et de disponibilité exprimait rapidement une confiance totale chez les autres.

 

Elang -Mane

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