Accrombessi doit choisir une nationalité

Posté le 04 Fév 2015
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C’est le sens de la lettre du mouvement « Article 10, Ali Bouge de là » au président Yayi Boni du Bénin, ex-Dahomey, au Premier ministre de la République française, Manuel Valls, et au Premier ministre gabonais, Daniel Ona Ondo.

 

 

Accrombessi« Conformément à vos prérogatives constitutionnelles et en respect des dispositions de l’article 97 du Code de la Nationalité française, nous vous prions de faire injonction à Monsieur Maixent Accrombessi de ne choisir qu’une seule nationalité car sa situation administrative à plusieurs nationalités n’est pas éthiquement compatible avec les fonctions qu’il occupe au Gabon… », souligne le mouvement dans sa lettre. En se référant à l’article 50 du code de nationalité de la République du Bénin, ancien Dahomey, le mouvement « Article 10 » exprime la même préoccupation au président Yayi Boni. Dans le code de nationalité du Bénin de janvier 1963, cet article 50, arrimé sur le code de nationalité français dispose : «Perd la nationalité dahoméenne le Dahoméen qui, remplissant un emploi dans un service public d’un Etat étranger ou dans une armée étrangère, le conserve nonobstant l’injonction de le résigner qui lui aura été faite par le gouvernement dahoméen. » Quant à la France, l’article 97 de la loi du 23 juillet 1993 portant code de nationalité, il est dit : « Perd la nationalité française le Français qui, occupant un emploi dans une armée ou un service public étranger ou dans une organisation internationale dont la France ne fait pas partie ou plus généralement leur apportant son concours, n’a pas résigné son emploi ou cessé son concours nonobstant l’injonction qui lui en aura été faite par le Gouvernement. »
Le mouvement « Article 10 » justifie sa préoccupation par la nature de l’emploi qu’occupe Maixent Accrombessi au Gabon. Directeur de cabinet du chef de l’exécutif, cette fonction fait de lui « le rouage essentiel dudit cabinet », sans compter d’autres prérogatives hors de sa fonction comme le « contrôle du renseignement » et sa « mainmise sur le Trésor public via la Trésorerie spéciale de la présidence de la République, dépositaire du budget d’investissement de l’Etat. » Il est donc clair que cet homme ne peut continuer d’avoir comme couverture sa multitude de nationalité.
Ceci est d’autant plus grave que ce dernier passe pour le président « occulte » du Gabon. Depuis 2009, il orchestre le refus du dialogue en manipulant le président intronisé par la Cour constitutionnelle, Ali Bongo. N’est-ce pas lui qui a lâché qu’il fallait « écraser de l’opposant » au mois de décembre dernier ? Personnage décrié et honni de tous, il se sert de ce rejet pour s’approprier totalement le président intronisé et l’amener à agir selon son gré et ses intérêts. Et, à ce qu’il semble, le président officiel est presque contraint de lui prouver son dévouement et son attachement, quitte à subir la critique populaire. A se servir même de sa fonction pour commettre des abus de pouvoir. C’est le cas de cette loi sur la xénophobie et le tribalisme. N’est-ce pas la sortie d’André Mba Obame et les critiques de la presse qui ont amené l’introduction au Parlement d’une proposition de loi sur le sujet ? Il est par ailleurs démontré que cet homme protège une personne qui est abondamment citée dans les réseaux des crimes rituels au Gabon. Devant cette situation, de hauts magistrats préfèrent rester loin du dossier, car plusieurs d’entre eux doivent leur nomination à Maixent Accrombessi.
La position de ce dernier au sujet de ses différentes nationalités relève du parasitage. Accrombessi surfe allègrement sur trois nationalités tel un saprophyte ou une sangsue. Personnage hybride au statut hybride qui veut profiter d’un statut international exceptionnel pour y trouver refuge après ses cent coups. Déchu de la nationalité française et béninoise ou dahoméenne, il devra rendre des comptes aux Gabonais et aux Gabonais seuls. C’est ce qu’il redoute. Le mouvement « Article 10, Ali bouge de là » dit : « Ce sera ça, ou rien ! »

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