Ali Bongo, le faux Zachée

Posté le 20 Août 2015
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Ali Bongo

Ali Bongo

L’évangile de Luc, au chapitre 19, nous raconte l’histoire de Zachée. Un voleur, un collecteur d’impôts, un arnaqueur. En rencontrant Jésus, Zachée, descendu du sycomore, lui déclare : «  écoute, maître, je donne la moitié de mes biens aux pauvres et, si j’ai pris trop d’argent à quelqu’un, je lui rends quatre fois plus. » Le discours du 17 août d’Ali Bongo s’apparente à quelques exceptions près, à l’histoire de ce personnage de la Bible. Contrit ou feignant de l’être, Ali Bongo Ondimba décide de céder à la population gabonaise les richesses qu’ils ont pillées pendant leur règne. Si Ali veut rendre ce que son père a pris aux Gabonais, il ne dit pas ce qu’il va faire de ce qu’il a lui-même distrait et continue d’enlever frauduleusement au peuple ? En effet, le raïs du bord de mer veut rendre ce qui n’est pas sûr de posséder. Les deux hôtels dont il parle sont saisis par la justice française. Sa part d’héritage n’est même pas encore connue. Comment va-t-il donner ce qu’il n’a pas encore ? Autant de questions qui prouvent qu’Ali se moque une fois de plus des Gabonais. S’il voulait agir par bonne volonté, il aurait commencé par rendre ce qu’il a déjà siphonné. Il pouvait, par exemple, vendre certaines voitures de sa collection de marque et mettre cet argent à profit pour réhabiliter les universités et grandes écoles ou construire les 400 salles de classe promises depuis belle lurette.

Le discours d’Ali Bongo Ondimba, qui présentait des relents de chretienneté, traduit en effet plusieurs réalités. Soit il veut toucher le cœur des Gabonais pour solliciter leur suffrage lors de l’élection présidentielle de 2016. Une chose est sûre, Ali Bongo sait qu’il est un homme vomi, honni par tous. Même dans son propre camp, il suscite la colère et la haine. Voulant donc regagner un peu de sympathie, il est contraint de jouer au repenti. Soit parce qu’il est cerné de partout, Ali est allé chercher le salut auprès de l’archevêque de Libreville, Mgr Basile Mve. C’est ce dernier qui lui aurait conté l’exemple de Zachée et indiqué le chemin à suivre.

Malheureusement, quoi qu’il fasse, Ali joue au faux Zachée. Le personnage biblique qui voulait se repentir de ses fautes parlait avec le cœur, sans calcul et ses mots ont été traduits actes. Il ne visait aucun intérêt. A contrario, Ali sait que les portes de la prison lui sont ouvertes, en France et au Gabon, et est contraint d’agir sur l’effet de la pression et de la panique. Il voudrait prendre les Gabonais par des sentiments, mais en usant de fourberie comme Scapin.

Sophie Beuve Mery

 

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