CHRONIQUE POLITIQUE : pas d’élections transparentes, pas de gabegie et pas de CAN de football 2017

Posté le 14 Oct 2015
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Can 2017

La Caf pourrait revisiter sa copie sous peu, si le déni de démocratie au Gabon restait en l’état d’ici à 2017

Par : Paul Davy

Cent milliards de francs Cfa pour la satisfaction des seuls caprices du prince, en déphasage avec les exigences d’équilibres sociopolitiques nécessaires au vivre ensemble, c’est l’inscription budgétaire lisible dans la rubrique consacrée par le Gabon à l’organisation de cette fête du football continental. Sans être foncièrement contre le fait que notre pays puisse abriter cette messe du football, nous remarquons, pour le déplorer, un déséquilibre criard dans la pyramide des urgences nationales. Le ludique et autres joyeusetés ayant curieusement pris les premiers rôles.

Cent milliards de francs Cfa jetés dans deux semaines de fête et de délires autour du ballon rond, alors que le pays peine depuis près de 50 ans de régime Bongo-PDG à être doté d’un système électoral fiable, garantissant la transparence du vote et l’organisation d’élections apaisées. Drôle de programmation ! Nous pouvons déjà nous féliciter de la ténacité de la classe politique et de la société civile à réclamer l’organisation d’élections politiques transparentes, avec dans la ligne de mire, la prochaine élection présidentielle. Un préalable qui pourrait être brandi par le pouvoir émergent pour orchestrer soigneusement un report de ce scrutin majeur prévu en 2016, au nom des exigences de paix et de sécurité liées à l’organisation de la prochaine Can de football programmée, elle, en 2017 au Gabon.

Face à ce qui précède, la communauté nationale gagnerait à se donner les moyens de non seulement barrer la route à un nouveau hold-up électoral du pouvoir usurpé d’Ali Bongo, mieux, de mobiliser l’opinion afin de freiner des quatre fers une distraction de trop des finances publiques dans l’organisation des moments de jouissance, alors que la paix sociale et économique est menacée par le refus manifeste d’Ali Bongo et sa horde d’émergents à mettre en place un environnement favorable à l’ éclosion du débat et de la pratique démocratique.

Pas de transparence électorale, pas de gabegie et pas de Can de football, voici le message cinglant adressé aux jouisseurs de la République, et indirectement à la confédération africaine de football, qui, en institution aguerrie et prudente, devrait déjà se pencher sur l’exécution d’un plan B. Le pourrissement du climat social en préparation, au nom des exigences d’un environnement démocratique, impose sans condition l’assainissement du climat socio politique, à défaut, les gabonais se donneront les moyens de plomber les conditions d’organisation de la prochaine Can de foot ball sur leur sol, au nom du ras-le bol du système Bongo-PDG, racine de tous les maux dont souffre le Gabon.

Article publié le 14 octobre 2015

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