Crise dans le secteur Éducation : Florentin Moussavou pourchasse les pros Conasysed et suspend des chefs d’établissement

Posté le 23 Mar 2017
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L’opération initiée par le ministre de l’Éducation nationale, Florentin Moussavou, au sein du secteur éducation ne serait pas consacrée exclusivement aux enseignants. Après la Conasysed, plusieurs chefs d’établissement du secteur public sont également dans le collimateur du membre du gouvernement putschiste, prêt à tout pour trouver des boucs émissaires à son échec patent. A ce propos, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé lundi 20 mars dernier, sur les ondes de RFI, la suspension de vingt chefs d’établissement qui ont, à en croire ses dires, « reconnu avoir incité les élèves à descendre dans la rue et demandé aux parents d’élèves de ne pas envoyer leurs enfants à l’école».

Florentin Moussavou accumule des griefs contre les personnels du secteur éducation. Savourant son succès après l’interdiction, par le ministère de l’Intérieur, de la Conasysed de toute activité syndicale, le ministre de l’Education nationale, dont la tête est désormais mise à prix par l’ensemble des syndicalistes du pays, s’en prend dorénavant aux responsables des établissements publics. En effet, il éprouve un terrible ressentiment contre toute personne ayant participé, de loin ou de près, à la densification de la crise qui secoue l’école gabonaise. Les chefs d’établissement visés sont accusés d’avoir « incité les élèves à descendre dans la rue et exhorter les parents d’élèves à garder les enfants à la maison ».

Ainsi, après la suspension de solde de 807 enseignants, la menace de radiation de 19 autres de la Fonction publique et le musellement de la Conasysed, le tour est au limogeage des chefs d’établissement complices des enseignants grévistes. Florentin Moussavou, habitué à dissimuler son incompétence derrière des boucs émissaires, rejette aujourd’hui les causes de cette grève, qui perdure depuis plusieurs mois, sur les enseignants et les responsables de certains établissements ayant favorisé l’organisation des actions qui ont contribué à aggraver la crise de l’école gabonaise : «Ils sont une vingtaine de chefs d’établissement notoirement reconnus comme ayant pris part à ces activités, en incitant les élèves à descendre dans la rue et demandant aux parents d’élèves de ne pas amener leurs enfants dans les établissements. Le gouvernement a décidé de les limoger», a-t-il affirmé, l’air très menaçant.

Sur les antennes de Gabon Télévision, « Floflo », comme l’appellent ironiquement ses nombreux détracteurs, a non seulement prévu suspendre de leurs fonctions les chefs d’établissement incriminés, mais aussi radier définitivement les élèves coupables d’actes de vandalisme. Cependant, ni les identités ni les postes d’affectation de ces chefs d’établissement n’ont été révélés par le patron de l’Éducation nationale.

Cette succession de bourdes du ministre Florentin Moussavou prouve à suffisance qu’il a perdu indéniablement le contrôle de la situation, alors que les risques d’une année blanche commencent sérieusement à pointer à l’horizon. Il ne reste plus qu’il s’en prenne aussi aux nombreuses associations des étudiants et parents d’élèves qui soutiennent la grève des enseignants. Déjà, le week-end dernier, la Fédération nationale des associations des parents d’élèves et étudiants du Gabon, Fénapeg, a été interdite de réunion à Port-Gentil par les Forces de police nationale devenues un instrument de répression du gouvernement des émergents.

Plutôt que d’assumer pleinement l’échec du gouvernement gabonais dans le secteur de l’éducation, et trouver des solutions définitives à la crise de ce secteur qui secoue le pays du Nord au Sud, et de l’Est à l’Ouest, « Floflo » est visiblement débordé par la fonction ministérielle, très encombrante pour lui en dépit de sa haute stature.

Que le Ministre Florentin Moussavou, lui qui passe maintenant le plus clair de son temps à régler son compte aux autres acteurs du système éducatif, ait le courage de jeter l’éponge, comme le fit le Pr Léon Nzouba en 2014, pour l’intérêt supérieur de l’école gabonaise.

par Aria Starck

publié le 23 Mars 2017

 

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