Crise post-électorale : « Emmanuel Macron, la vérité des urnes doit être rétablie »

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La Coalition pour la nouvelle République, CNR, a tenu une conférence de presse le 14 mai dernier, dans le but « d’attirer l’attention des nouvelles autorités françaises sur la grave crise politique que traverse le Gabon ». C’était aussi l’occasion pour les leaders de la Coalition de rappeler à tous les gabonais que la résistance doit être plus que jamais forte et continue.

D’entrée de jeu, Vincent Moulengui Boukossou, soutien de Jean Ping, a salué le choix fait par le peuple français en portant Emmanuel Macron à la magistrature suprême. Un acte qui démontre une fois de plus « que la France est la patrie des libertés fondamentales et des droits de l’homme face au risque de repli que représentent le Front National et son idéologie sectaire ».

Rappelant les « liens séculaires qui unissent le peuple français et le peuple gabonais », la CNR a clairement décliné au nouveau président de la République Française, une semaine après sa victoire démocratique, les attentes du peuple gabonais concernant la crise politique et économique sans précédent que connaît aujourd’hui le Gabon : « En effet, le 27 août 2016, le peuple gabonais a massivement porté son choix sur Monsieur Jean Ping, lors de l’élection présidentielle, en présence des observateurs de l’Union européenne. Le 27 août 2016, un coup d’Etat militaro-électoral a été perpétré par le pouvoir en place, causant des centaines de morts, des milliers de blessés, de nombreux disparus et plus de mille personnes arrêtées arbitrairement, dont bon nombre reste incarcéré sans jugement. Depuis lors, le pays est bloqué. S’ajoute à cela une grave crise économique et financière due pour l’essentiel à la mal gouvernance », a précisé Vincent Moulengui Boukossou.

Ne doutant pas que la « France, pays des droits de l’homme et ami du Gabon, sera sensible aux attentes du peuple gabonais qui veut que soit respecté son libre choix au nom des principes universels et de démocratie », le représentant de la CNR a invité tous les participants à suivre le cortège des femmes du parti, vêtues de blanc, vers l’ambassade de France où elles sont allées déposer une bouteille de sable pour que la France se souvienne des massacres orchestrés au soir du 31 août dernier et la souffrance de tous les combattants de la liberté emprisonnés arbitrairement. En effet, Vincent Moulengui Boukossou a tenu à rappeler qu’aujourd’hui la douleur et la colère ont dépassé les limites du supportable, les mots n’ont donc plus de place dans la société traditionnelle gabonaise. Il nous faut donc recourir au langage des symboles, d’où cette bouteille de sable déposée à l’entrée même de l’ambassade : « Cette bouteille pleine de sable que nous adressons au Président Emmanuel Macron signifie que le peuple gabonais a pris conscience du rôle joué par des forces occultes extérieures dans le maintien des dictateurs à la tête du Gabon. Le peuple gabonais est à bout. Il exprime sa colère et sa douleur envers ces forces occultes. Le peuple gabonais met donc au fond de cette bouteille son espoir de voir les positions d’Emmanuel Macron sur l’élection présidentielle du 27 août 2016 au Gabon aboutir au respect du libre choix du peuple du Gabon, comme cela a été le cas pour le peuple de France le 07 mai 2017 », a précisé le partisan de Jean Ping.

En guise de conclusion, le représentant de la CNR a tenu à interpeller l’assistance sur la continuité de la résistance qui est désormais une question capitale voire vitale, et qu’elle ne devrait pas seulement concerner la diaspora. Mais, que dans chaque quartier, dans chaque coin et recoin du pays, des actes similaires doivent être posés pour attirer « l’attention du Président de la République Française, Monsieur Emmanuel Macron, sur le risque imminent d’implosion de la société gabonaise ».

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