Crise postélectorale: BOA sur les traces de Laurent Gbagbo

Ali Bongo recu a l ElyseeN’écoutant que ses « faucons », BOA s’est mis malgré lui sur le même itinéraire qui a conduit Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2010. L’homme enchaine à la perfection les mêmes erreurs que Laurent Gbagbo. Appuyé par des fidèles qui l’ont assuré que la communauté internationale avaliserait le fait accompli.

La campagne électorale en Côte-d’Ivoire en 2010 s’est passée exactement comme celle que les Gabonais ont vécue. Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ayant réussi à surmonter leurs égos ont scellé une alliance qui obligeait celui qui ne sera pas qualifié pour le second tour à soutenir l’autre. En contrepartie, le camp non qualifié pour le second tour avait la promesse d’obtenir le poste de Premier ministre. C’est exactement ce que firent Guy Nzouba Ndama, Casimir Oye Mba, Jean Ping et Léon Paul Ngoulakia. Cette alliance comme en Côte-d’Ivoire, car sociologiquement majoritaire dans le pays, devenait imbattable pour le pouvoir en place. Laurent Gbagbo, conseillé là également par ses faucons et parce que contrôlant l’appareil d’Etat, a cru venir à bout des houphouétistes. BOA, ayant pleine confiance en son ministre de l’Intérieur et en toute la chaine organisatrice des élections a fait le même pari. Comme en Côte d’Ivoire, BOA perdra dans les urnes. Comme en Côte d’Ivoire, il se fera proclamer vainqueur par les mêmes faucons. Le camp d’Alassane Ouattara a crié au vol de l’élection et a réclamé un nouveau décompte des voix. Laurent Gbagbo, à l’instar de BOA, l’avait refusé au nom de la souveraineté ivoirienne. Les chancelleries occidentales sur place ont pris fait et cause pour Alassane Ouattara en indiquant qu’il avait gagné l’élection. Sur la base des déclarations des observateurs des Nations unies qui avaient supervisé tout le processus. Au Gabon, c’est l’Union européenne qui a joué le rôle de l’Onu en Côte-d’Ivoire. Sur la base de leur rapport intermédiaire, les chancelleries occidentales ont reconnu la victoire de Jean Ping et ont entrepris un lobbying auprès de BOA pour qu’il reconnaisse sa défaite. « Jusqu’à dimanche soir, Ali négociait les conditions de son départ », a assuré Me Bourgi sur le plateau de France 24. Mais rassuré par les sicaires René Aboghe Ella et sans doute sa belle-mère Marie Madeleine Mborantsuo, BOA, comme Laurent Gbagbo, a nié toutes ces évidences et s’est fait déclarer vainqueur. En Côte d’Ivoire, cette proclamation abusive avait été suivie par la démission de son Premier ministre Guillaume Soro qui, lui, reconnaitra la victoire de l’opposant Alassane Ouattara. Au Gabon, Daniel Ona Ondo n’a pas un tel courage, ce sera son adjoint en charge de la justice, Séraphin Moundounga, qui posera publiquement comme Guillaume Soro la question de la sincérité des résultats. « Si le PDG est sûr de sa victoire, il n’a aucune raison de s’opposer au décompte des voix une nouvelle fois. Au contraire, il enlèverait à l’opposition tout argument de contestation de sa victoire », dira-t-il sur les ondes de France 24. On ne peut pas être plus clair pour reconnaitre que son ancien camp a triché. BOA va sans doute comme Laurent Gbagbo à organiser une cérémonie d’investiture. Mais c’est à ce moment-là, comment en Côte-d’Ivoire de Laurent Gbagbo, que les choses pourraient se compliquer pour lui. La France avait obtenu du Conseil de sécurité de l’Onu de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara. C’est alors que ce dernier a changé d’avis au sujet du nouveau décompte des voix. Sauf que le camp Ouattara, fort de sa légitimité internationale, lui a signifié une fin de non-recevoir. La suite est connue. L’armée française a appuyé les rebelles venus du nord pour déloger Gbagbo du palais présidentiel. Ce dernier a été aussitôt convoyé vers La Haye et y réside encore aujourd’hui. Les faucons qui l’ont poussé à la faute ont soit été capturé soit réussi à fuir vers les pays limitrophes où ils avaient préalablement exfiltré leurs familles. A l’image des faucons qui entourent BOA.

BOA a encore une chance pour échapper à ce scénario écrit pour lui par les extrémistes René Aboghe Ella, Pacôme Moubelet Boubeya et bien sûr la belle-mère Marie Madeleine Mborantsuo. Pour cela, il lui suffit de suivre le conseil de sagesse que vient de lui donner Séraphin Moundounga, appuyé par Manuel Valls. Ne pas le faire risque fort de le conduire tout droit pour le restant de ses jours à La Haye.

Par SYA
publié le 8 Septembre 2016

A propos de l'auteur