Crise postélectorale : Le cas du Gabon évoqué au Parlement européen

Posté le 31 Oct 2016
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gabon-manifestants-contre-police_640_350_1Le Parlement européen a évoqué le mercredi 26 octobre 2016, la situation postélectorale du Gabon. Le groupe de soutien à la démocratie et de coordination des élections s’est réuni pour discuter de la présidentielle d’août dernier au Gabon qui a suscité de vives réactions de la part des observateurs de l’Union européenne.

Alors que le Gabon n’a pas encore tourné la page de sa dernière présidentielle et que la victoire de Bongo Ondimba Ali, alias BOA, est toujours contestée par l’opposition qui accuse le pouvoir de fraude flagrante, le groupe de quinze députés, dont les présidents des Commissions Affaires Etrangères et Développement, a décidé d’ouvrir le dossier de la crise postélectorale du Gabon, avec l’appui du social-démocrate Jo Leinen qui dirigeait la délégation parlementaire européenne venue observer la présidentielle au Gabon. Jo Leinen, député allemand au parlement européen, a estimé qu’un consensus pourrait se dégager pour conclure à l’irrégularité de la réélection de BOA: « Le Gabon est sur notre radar. Tout ce qu’on a vu n’est pas acceptable. Cette élection a été manipulée, il manque une légitimité pour le président », a affirmé le député européen.

Pour Jo Leinen, si le dialogue est bloqué, il prévoit des mesures en cas de violation des règles démocratiques. « Je crois que l’Union européenne est plus ou moins forcée de prendre des sanctions. La crédibilité du Gabon, mais surtout aussi de l’Union européenne est en danger si on laisse faire de telles choses. La manipulation d’un résultat touche vraiment au cœur d’un processus démocratique », souligne-t-il.

Avant les résultats de la présidentielle de fin août dernier, la mission de l’UE avait déjà dénoncé l’opacité du processus électoral. Une accusation qu’avait récusée le gouvernement gabonais, qui avait affirmé que les observateurs avaient outrepassé leur mandat. Ce gouvernement avait même lancé une enquête visant la mission.

Dans l’attente du rapport final de la mission d’observation de l’UE courant novembre prochain, le climat entre la France et le Gabon, déjà assez tendu, pourrait donc se crisper à nouveau. Pendant ce temps, Jean Ping, président élu de la République Gabonaise, s’est rendu à Paris le vendredi 28 octobre courant. Il doit y passer plusieurs jours pour encourager notamment la diaspora à faire pression depuis l’étranger.

Shekina O.

publié le 31 Octobre 2016

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