Crise sociale : Montée au créneau des agents du ministère des infrastructures

Le vent de contestation que connait le Gabon depuis que BOA a décidé de se maintenir au pouvoir n’a pas épargné l’administration publique. Elles sont plusieurs administrations à avoir déposé à ce jour, sur la table du gouvernement militaro-putschiste, des préavis de grève. Après l’éducation, les régies financières, dont la douane, le commerce, etc., le ministère des infrastructures est désormais entré dans la danse. Les questions pécuniaires sont souvent à l’origine des grognes observées ici et là

Versée à certains et pas encore à d’autres, la Prime d’incitation à la Performance, PIP, fait vraisemblablement des frustrés dans l’administration publique. Si quelques organisations dénoncent, à l’instar de la coalition syndicale du ministère des infrastructures, un certain favoritisme de la part du gouvernement de BOA quant au paiement des arriérés de la PIP du deuxième trimestre 2015 à certaines administrations «privilégiées » comme le ministère de la justice, ou d’autres plus « coriaces » telles que l’éducation, la santé, les affaires sociales, etc., les agents du ministère des infrastructures et des travaux publics exigent à leur tour le paiement immédiat de la PIP. En filigrane, c’est l’un des points saillants du cahier des charges soumis à l’appréciation de la tutelle, qui a conduit la coalition syndicale, après constat du mutisme total affiché par le gouvernement militaro-putschiste, à observer un piquet de grève depuis le 19 avril dernier à l’esplanade du ministère des travaux publics.

Outre le paiement de la PIP du deuxième trimestre 2015, d’autres carences, et non des moindres, sont fortement décriées par la coalition syndicale. On retiendra par exemple l’achat des équipements, l’intégration à la Fonction publique de la main-d’œuvre non permanente, la revalorisation de l’aide au développement et même l’application de la mesure du salaire minimum à  hauteur de 150.000 francs Cfa. Décidés à mettre à nu un certain nombre de dysfonctionnements au sein du ministère des infrastructures, des travaux publics et de l’aménagement du territoire, les agents membres de la coalition syndicale ont émis le souhait de la fermeture de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre, ANUTTC. Selon ces derniers, la création de cette agence, à l’instar d’autres, n’est rien d’autre qu’une façon de minimiser l’action des régies. Le ministre en charge des infrastructures, Jean Pierre Oyiba, est le dos au mur. Il sera bien obligé, qu’il le veuille ou pas, de soigner sa surdité, pour éviter un enlisement de la situation au cours des semaines à venir.

Par Nedjma leMonde

A propos de l'auteur