DISCOURS A LA NATION : le PSGE, un tisssu de déclarations de bonnes intentions

Posté le 03 Jan 2016
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PSGE

Le funeste plan stratégique Gabon émergent, PSGE, vendu par Ali Bongo lors de la présidentielle anticipée de 2009, ne vaut pas un clou

C’est en substance le condensé du discours à la Nation d’Ali Bongo à l’approche du réveillon de la saint sylvestre. Discours aux allures de procès du programme stratégique Gabon émergent, PSGE, qu’il a qualifié de masse de littérature qui a volé très bas, plus de six ans après son hold-up électoral.

Tout ou presque de ce programme électoraliste, le PSGE, présenté lors de la campagne de la présidentielle anticipée de 2009 comme la pierre philosophale du Gabon nouveau, n’a connu le moindre succès, au point qu’aux portes de ses sept ans de présence à la tête du Gabon, il ne vienne à dresser un bilan des plus chaotiques.

L’essentiel des annonces sont restées prisonnières des déclarations livresques. Les 5.000 logements sociaux par an, promis, sont restés du domaine du virtuel, avec à l’opposé, un vaste programme de destruction de maisons d’habitation de gabonais de situation sociale modeste, au nom de la lutte contre l’habitat précaire. Une curieuse opération de destruction de l’existant, qui n’a été suivie de relogement des victimes de ces opérations de casse en série, lancées avec tambour et trompette dans les communes de Libreville et d’Owendo. Port-Gentil, la capitale économique, n’a pas échappé à ces promesses mensongères. Sa transformation promise en petit Dubaï se révèle être du vent. Sur place, les habitants broient plutôt le noir, en dépit de sa renommée de ville pétrolière. L’or noir a cessé de couler, au point que le chômage rampant et son cortège d’indicateurs sociaux en berne dévisagent gravement la capitale économique du pays, qui porte ces dernières années les stigmates d’une ville sinistrée. La démocratie a connu un honteux recul, marqué par la séquestration des libertés individuelles, la mise du pays sous Etat policier, le non accès équitable aux médias de service public, la chasse à l’ homme, avec pour cibles désignées de nombreux opposants passés de vie à trépas dans des conditions controversées, sans que des enquêtes aient été ouvertes pour faire la lumière. La santé pour tous est encore du domaine onirique, en dépit de la construction à tour de bras d’hôpitaux cossus, sans équipements appropriés et de personnel suffisant, au point de plus apparaître comme l’arbre qui cache la forêt. La précarité et les injustices sociales battent tous les records. Signe des temps, la reconnaissance par Ali Bongo lui-même, que ces maux sociaux, qui, je cite « brutalisent encore de nombreux gabonais ». La dilapidation des deniers publics a été l’une des marques de fabrique majeures du règne d’Ali Bongo, avec l’émergence d’une horde de profito-situationnistes aux chaussures enfoncées dans les chemins tortueux de l’enrichissement astronomique sans cause. Une émergence de voyous au col blanc, que feint de plaindre Ali Bongo, qui paradoxalement, ne va pas plus loin que son simulacre de condamnation, puisqu’il s’agit d’une bande de ses proches collaborateurs qui jouissent du statut d’intouchables, au nom de leur proximité avec Bongo II.

Ali Bongo qui dit vivre comme une injustice sociale l’absence d’égalité de chances, ne semble vraisemblablement pas penser ce qu’il dit, quand on sait qu’aucune ligne budgétaire n’est accordée à ce chantier politique, adossé au département ministériel de l’égalité des chances et des gabonais de l’étranger. Les complaintes de son ministre titulaire, Patricia Tayé, n’ont jusqu’ici rien changé à la rubrique égalité des chances, qui reste égale à 0. Voici donc, des inepties d’un handicapé politique, dont l’étendue de l’échec commande à des sanctions sans appel.

Pour tenter de se donner bonne conscience face à ce fiasco, Ali bongo, sans en avoir qualité de prétendre aux suffrages des gabonais lors de la prochaine présidentielle, faute de présentation d’un acte de naissance authentifié attestant de sa filiation avec ses parents supposés, Omar Bongo Ondimba et Joséphine Kama Dabany, s’autorise dans un non-dit, à demander une seconde chance. « Mes chers compatriotes, il n’y a pas de honte à tomber, mais il y a honte à ne pas se relever », dixit Bongo II, visiblement confus face à son bilan à la tête du pays. Mais, avec un entourage de vautours alertes à l’appât du gain et aux détournements astronomiques des fonds publics, doublé d’un amateurisme ahurissant qui atteste de son incapacité chronique à diriger, Ali Bongo, handicapé politique aguerri, gagnerait à aller planter les choux dans son programme agricole baptisé graine. Au nom de la naissance du nouveau Gabon, débarrassé des chaînes de servitude du système Bongo-PDG, ALI DEGAGE !

Paul Davy

Article publié le 03 Décembre 2015

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