Entrave à la liberté de la presse

Posté le 03 Fév 2015
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La garde rapprochée du chef de l’Etat tente d’enlever un journaliste

 

journalUn jeune journaliste gabonais a failli être enlevé par des éléments de la sécurité rapprochée du président de la République, samedi 31 janvier, au stade de l’amitié d’Angondjé, pendant le combat de boxe qui opposait le Gabonais Taylor Mabika à l’Américain Teyler Seever. Au moment où les deux pugilistes faisaient leur entrée sur le ring, un agent en civil de la garde rapprochée d’Ali Bongo enjoint discrètement au confrère, qui se trouvait avec d’autres journalistes des médias nationaux et internationaux, de le suivre. Le journaliste ayant ignoré cet ordre, le garde du corps lui présente un pistolet automatique dissimulé sous sa chemise pour se faire obéir. Un peu hésitant, mais comme il ne se reprochait rien, le confrère s’est levé et a suivi l’agent, qui venait de recevoir le renfort d’un de ses collègues. Les deux hommes font signe de la tête à deux autres de les précéder vers la porte de sortie, à l’arrière de la tente qui fait office de gymnase.
Instinct de survie, le journaliste rebrousse chemin, pour appeler à l’aide un confrère qui avait pris place à la tribune. Ce dernier le rejoint immédiatement. Contrarié par sa présence, le garde du corps demande au jeune journaliste de sortir sa tablette et de supprimer toutes les photos où apparaissait le président de la République. En dépit du fait que le confrère portait une accréditation au même titre que les autres journalistes. Pourquoi l’agent de sécurité ne s’en est pris qu’à lui, au point de remettre en cause son accréditation, en lui exigeant de présenter une pièce d’identité ? Pourquoi n’a-t-il pas demandé à tous les journalistes de détruire toutes leurs images dans lesquelles apparaissait le chef de l’Etat ? Jusqu’à la fin du match de boxe, les quatre gorilles avaient l’œil sur le jeune confrère, autour duquel ils se sont assis. Ils ont été privés de la joie de bouffer du journaliste, le confrère ayant rejoint les autres journalistes à la fin du match de boxe. Ceux-ci se sont chargés de le sortir du stade d’Angondjé en toute discrétion.
A la fin de combat de boxe, les gardes du corps devaient aussi se remettre à assurer la protection du président de la République, rentré précipitamment d’Addis-Abeba où il a pris part au sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine, pour venir suivre un événement de qualité médiocre. Mais bon, ce monsieur n’aime pas raté la moindre occasion de se distraire et d’apparaître en public, même si sa présence envahissante a encore été boudée par les spectateurs.

Hugues Ntsolet

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