GABON TELECOM : Bras de fer entre syndicat des travailleurs et direction générale

Posté le 31 Août 2015
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Des membres du syndicat des travailleurs en sit in devant l’une des entrées de la direction technique de Gabon télécom

Il y a eu du grabuge  dans l’air le lundi 31 août dernier à Gabon Télécom, sis à Angondjé, un quartier situé au nord de Libreville. Et pour cause, les membres du Syndicat national des télécommunications de Gabon Télécom (Synatel) ont pesté contre la traduction en conseil de discipline de leur leader, Martin Essono Obounou, convoqué par la direction générale de l’entreprise.

La décision de protester avait été prise le week end écoulé, à la faveur d’une rentrée syndicale expresse tenue à la Chambre de commerce de Libreville. Dans une lettre adressée, le lundi 24 août dernier, le responsable de division ressources humaines, Agnès Graziella Ename Obiang, convoquait pour le lundi 31 août, le secrétaire général du Synatel, Martin Essono Obounou, à un « entretien individuel » auquel l’intéressé est libre de se faire assister par une personne de son choix appartenant soit au personnel, soit au syndicat.

La direction générale de Gabon Télécom accuse le leader syndical, entre autres, d’avoir dénigré et insulté le personnel de l’entreprise, au cours d’une assemblée générale du Synatel le vendredi 19 juin 2015, sur le parking du Centre national de la communication (Cénacom). Une réunion des syndiqués que la hiérarchie de Gabon Télécom aurait refusé. Une attitude qui aurait porté atteinte à « l’honneur et la dignité du secrétaire général de Gabon Télécom ». Ce que nient les syndiqués, qui ont indiqué qu’aucune expression allant dans le sens du dénigrement ou de l’injure n’a été prononcée au cours de cette réunion. Les membres du Synatel voient dans cette « fuite en avant » de la direction générale, un moyen de réduire au silence le syndicat, en tentant de décapiter chacun de ses leaders.

A en croire le secrétaire général adjoint du Synatel, Brice Mbelé, « l’entretien préalable suppose que la personne a déjà été entendue pour les choses qui lui sont reprochées. C’est un entretien, qui, en général, précède un licenciement. Nous relevons qu’il y a dans la démarche de la direction générale, non seulement un vice de procédure, mais également beaucoup d’incompréhensions. La direction générale ne s’attèle pas à régler les problèmes qui sont posés sur sa table, elle pense plutôt à décapiter le syndicat, parce qu’elle refuse de suivre son caprice ».

Dans ces conditions, les membres du Synatel ont décidé de se mobiliser au sein de leur entreprise afin d’empêcher que leur leader ne soit traduit en conseil de discipline. Car, pour les syndiqués, il s’agit d’une démarche qui vise à liquider tous les Gabonais de Gabon télécom.

La vague de protestation visait à « dire non à ce pseudo conseil. Dans la mesure où M. Martin Essono Obounou est souvent intervenu en tant que secrétaire de notre syndicat et non en tant qu’agent de Gabon Télécom », a indiqué un membre du syndicat, qui a ajouté que de ce point de vue, « notre leader n’a jamais commis de faute portant atteinte au fonctionnement interne de l’entreprise, encore moins, vis-à-vis de la direction générale ».

Aux yeux du Synatel, Martin Essono Obounou fait l’objet d’un harcèlement professionnel. La direction générale s’acharne à le détruire parce qu’elle pense qu’il est à l’origine de la grève observée l’année dernière par les 210 agents de Gabon Télécom. Une grève reconduite du 24 février 2015 au 21 mai 2015 et qui vise à revendiquer les meilleures conditions de vie et de travail.

Le Synatel a invité la direction générale, dans un délai de dix jours, à la table de négociations sur l’harmonisation de la grille salariale et le paiement des huit ans de la mutualisation. Passé ce délai, le syndicat entend déposer un préavis de grève à compter du 20 septembre 2015.

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