Grève dans le secteur éducation : les enseignants des établissements catholiques entrent dans la danse

Les enseignants du Complexe Bessieux, qui comprend le Collège et le Lycée Monseigneur Bessieux, ainsi que ceux de l’Institut Immaculée Conception ont décidé «à plus de 90%», lors d’une assemblée générale autour des deux principales centrales syndicales que sont la Convention nationale des syndicats du secteur éducation, Conasysed, et Dynamique unitaire, DU, de « suspendre les cours » dès le mercredi 22 février courant, jusqu’au paiement complet de leurs vacations.

La crise, sans précédent, que connaît le secteur de l’Education nationale au Gabon se corse de plus bel. L’appel de la Conasysed à tous les enseignants du pays d’interrompre les cours suite à la décision inique du gouvernement de suspendre les salaires de 807 enseignants et de procéder à la radiation de 19 enseignants exerçant dans l’Ogooué Ivindo, a reçu un écho favorable au sein de l’enseignement catholique. Le mardi 21 février dernier, ce sont les enseignants de l’Institut Immaculée Conception et du Complexe Bessieux qui ont décidé de suspendre provisoirement jusqu’au « paiement intégral des vacations, paiement intégral de la prime d’incitation à la performance (PIP), paiement des rappels et régularisation des situations administratives».

Au cours de cette rencontre, les enseignants ont décidé de marquer leur solidarité vis-à-vis de leurs collègues de l’enseignement public. «L’enseignement catholique ne saura rester en marge des problèmes qui minent le système éducatif gabonais», ont-ils spécifié, précisant aux parents d’élèves de «garder leurs enfants à la maison, jusqu’à nouvel ordre».

Les enseignants des établissements catholiques, qui sont restés sourds à l’appel de la Consasysed et de la Dynamique unitaire jusqu’à ce jour, ont décidé de venir en soutien aux enseignants de l’enseignement public en grève depuis la rentrée des classes en octobre 2016. Ce revirement de position fait suite à la descente dans la rue  des élèves de plusieurs villes du pays, le 20 février dernier, pour réclamer la reprise des cours. Des manifestations pacifiques réprimées par les forces de l’ordre avec une rare violence.

La grève qui secoue le secteur éducation dans notre pays se trouve dans un cul-de-sac. Lors de l’annonce de la rentrée scolaire par le ministre de l’Éducation nationale, les enseignants réunis en assemblée générale avaient donné le ton : pas de cours sans amélioration des conditions de travail, le paiement des primes (PIP et PIFE) ainsi que les vacations. En réponse, le gouvernement a opté pour un rapport de force, au lieu d’un partenariat, en préconisant des «mesures disciplinaires» pour ceux qu’il accuse aujourd’hui d’être «des enseignants manifestement et politiquement engagés dont certains leaders de ces mouvements n’ont pas caché leur implication aux côtés de certains acteurs politiques». Une véritable diversion attendue !

Face aux menaces, intimidations et répressions du ministre de l’Éducation nationale et du porte-parole du gouvernement, les membres de la Conasysed ont promis « de ne reculer devant rien ni personne » face à un gouvernement à court de solutions pour restaurer la sérénité au sein de l’Éducation nationale, en ramenant les enseignants et les lycéens dans les salles de classe.

Par Aria Starck

publié le 24 Février 2017

A propos de l'auteur