Grève dans le secteur santé : le Synapsa corse le mouvement et suspend le service minimum

Le dispensaire de Nkembo, hermétiquement fermé

Le personnel de santé regroupé au sein du syndicat national des personnels de santé, Synapsa, a décidé de durcir son mouvement de grève entamé depuis plus de deux mois, en érigeant des barricades à l’entrée des principaux centres de santé de Libreville. Pour les grévistes, il n’est plus question de parler de service minimum.

Devant l’indifférence totale du ministre de tutelle, Léon Nzouba, le personnel de santé a donc décidé de durcir le ton en supprimant le service minimum effectué jusqu’à ce jour et de procéder à la fermeture des principaux pôles de santé de la capitale. « Compte tenu du silence méprisant dans lequel s’est enfermé les autorités de tutelle, nous avons décidé de durcir le ton en barricadant l’ensemble des unités sanitaires sur toute l’étendue du territoire », a martelé Gustave Nguassala, président du Synapsa. Une attitude motivée aussi par le non-respect, par le gouvernement, du protocole d’accord signé le 09 mars 2017 entre les syndicats et le ministre de tutelle. Document dans lequel l’Etat a été invité à résoudre les principales revendications des membres du secteur santé.

En effet, depuis la semaine dernière, l’entrée de plusieurs centres de santé était cadenassée au plus grand malheur des malades, qui, affalés, attendaient qu’une main salvatrice leur vienne en aide. Lundi 08 mai dernier, les membres du Synapsa ont décidé de mettre un terme aux activités de l’hôpital de Nkembo en fermant l’entrée principale de l’établissement : « Nous nous sommes rendus compte que les autorités sanitaires ne prennent pas en compte les revendications du personnel de santé que nous sommes. Au Centre Universitaire de Libreville, Chul, par exemple, il n’y a pas d’eau. Au ministère de la santé, il y a un problème de budget. Au Chul, pour perfusionner un malade, le personnel de santé utilise le scotch. Une chose qui n’est pas du tout normal », a affirmé le président du Synapsa.

Cette décision de paralyser toutes les unités sanitaires du Gabon vient encore jeter de l’huile sur le feu. Pour les syndicalistes, il n’est plus question de parler de service minimum et d’attendre paisiblement une réaction du ministre de tutelle qui semble ne pas se préoccuper du sort des malades gabonais, désormais laissés pour compte : «  Depuis le début de cette grève, le ministre de la santé ne bouge pas. Il ne nous appelle pas. Nous sommes donc désormais dans une grève sauvage », a déclaré Gustave Nguassala, visiblement très déterminé.

Le secteur sanitaire connaît des perturbations depuis janvier 2017. Au titre des revendications, figurent notamment le non-paiement jusqu’à ce jour de la Prime d’Incitation à la Performance, PIP, la réduction des salaires et surtout la réouverture des écoles de santé fermées depuis bientôt quatorze ans. A ce sujet, le président du Synapsa a dénoncé « la récupération sans autorisation et la transformation de l’Ecole de santé de Franceville  en marché par une compatriote ».

De plus, le Synapsa dénonce des conditions de travail qui sont des plus calamiteuses : manque d’eau, défaut de matériel, insuffisance de personnel, etc.

Rappelons qu’à l’entame de la grève, le ministre Léon Nzouba avait promis aux syndiqués le paiement de la PIP. Cette promesse est restée sans suite jusqu’à ce jour. Le Synapsa invite donc le ministre de la Santé à réexaminer urgemment ses revendications, sous peine de paralysie générale du fonctionnement des structures sanitaires. Pour l’heure, les syndicalistes ne comptent pas revenir à de meilleurs sentiments.

Par Aria Starck

 

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