Le départ de Florentin Moussavou réclamé par la Conasysed

Qui s’y frotte s’y pique. La convention nationale des syndicats du secteur éducation, Conasysed, vient de donner suite à la boutade du gouvernement de suspendre provisoirement la solde de 807 enseignants et de radier 19 autres, en poste dans la province de l’Ogooué Ivindo, au cours d’une assemblée générale extraordinaire tenue le 23 février dernier. Outre la continuité de la grève par la Conasysed, la révocation du ministre de l’éducation nationale a été exigée pour espérer une reprise des négociations.

« Départ du ministre de l’éducation nationale Florentin Moussavou », pouvait-on lire sur une banderole spécialement confectionnée pour les yeux de « Floflo ». Les enseignants crient au mépris et à la trahison du ministre de tutelle. Tel un père qui livre sa progéniture à l’ennemi, Florentin Moussavou a trahi les enseignants. Dès lors, « le contrat de confiance vient d’être rompu », a précisé Simon Ndong Edzo, le délégué général de la Conasysed. Avant de rappeler au plus insignifiant des ministres de l’Education nationale depuis 2009, et sous BOA, que la dernière cartouche qu’il vient d’épuiser est inutile et inique. Parce qu’en «  violation des textes nationaux et internationaux » en vigueur, dont la «Constitution de la République gabonaise ; la loi 8/91 portant statut général des fonctionnaires (articles 21, 127, 128, 129) ; le statut général de la Fonction publique (article 68 à 71) ; le Code de déontologie de la Fonction publique ( articles 9 et 47) ; le décret 254 du 1er mars 1994 sur les modalités de privation de la rémunération des agents de l’Etat ; les conventions n° 87, 98, 105 et 111 de l’Organisation internationale du travail (O.I.T) ; et la recommandation O.I.T/Unesco concernant la condition du personnel enseignant». Manifestement, la Conasysed s’est préparée pour contrer les absurdités d’un gouvernement qui a publiquement reconnu, de la bouche du « perroquet de service » Alain-Claude Billie-By- Nze, son incapacité à satisfaire aux revendications syndicales du secteur éducation. Les enseignants brandissent l’article 71 de la loi 1/2005 portant statut général de la fonction publique qui s’applique et qui dispose que : « sans préjudice des prestations familiales ou suppléments pour charges de famille, les journées de grève ne sont pas rémunérées, sauf lorsque la grève résulte  du non- paiement de la rémunération due ». Et toc !

Personne n’infirmera ici, encore moins le gouvernement, que les primes et autres vacations réclamées par la Conasysed n’ont pas de lien avec la rémunération due. Pourquoi le gouvernement prend-t-il des sanctions draconiennes contre les enseignants alors que des fonctionnaires d’autres administrations  sont également en grève depuis plusieurs mois ? S’est interrogé Simon Ndong Edzo en faisant allusion aux magistrats qui ont perçu, pratiquement, il y a deux semaines, les mêmes primes revendiquées par les enseignants. Face à cette déconsidération du métier d’enseignant, ils ont dit ne pas renoncer à la sauvegarde de leurs droits. «  Deux ans maintenant que la PIP n’est pas payée. Trois ans que les vacations sont impayées…Quelle patience va-t-on demander aux enseignants ? ». Pour la Conasysed qui se dit sereine, cette décision de suspension et de radiation des enseignants est plutôt une source supplémentaire de force et de courage. « Nous sommes prêts pour le combat judiciaire et le combat physique ». Comme ce cabri mort qui n’a plus peur du couteau, les enseignants ont mis toutes les cartes sur la table. Ainsi, une action de grande envergure est prévue lundi 28 février prochain dès 9 h au quartier Awendjé.  

 

Nedjma leMonde

publié le 24 Février 2017

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