L’écrivain face à l’actualité

Posté le 12 Nov 2015
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Vue des officiels

A l’initiative de l’Union des écrivains gabonais (Udeg), la journée internationale de l’écrivain africain, célébrée le 7 novembre courant, s’est déclinée sous le thème « Le mutisme des écrivains gabonais face à l’actualité ». Et, au cours de cette journée, notre compatriote, Peter Stephen Assaghle, doctorant en Droit, a présenté son roman intitulé «Ma mère se cachait pour pleurer ».

Jean Paul Sartre, à propos de l’écrivain, disait « Chaque parole a des retentissements, chaque silence aussi ». Comme le dit Brice Marin, « Les mots sont des pistolets chargés », si l’écrivain parle. Il tire et il faut que ce soit comme un homme en visant les cibles. L’écrivain gabonais aurait-il choisi ces cibles ? L’actualité fait-elle partie de ces cibles ? « Pour qui voudrait bien prendre le temps de lire, l’essentiel de la vie se trouve dans la littérature gabonaise. Il n’est pas un thème visible dans la société qui ne ressurgit dans les œuvres littéraires », a souligné Hallnaut Mathieu Engouang, le conférencier.

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Une vue de l’assistance composée d’étudiants

Toutefois, sorti du livre, l’écrivain ne prend pas la parole. Il ne donne pas son avis sur les questions d’actualité. Alors que la société civile et les politiques s’expriment sur les faits sociaux, l’écrivain gabonais brille par son mutisme. De ce silence qui ne signifie pas neutralité, puisqu’il faut bien le savoir, le silence est extrêmement bruyant. Jean Paul Sartre convenait dans son essai «Qu’est-ce que la littérature ?», « Se taire ce n’est pas être muet, c’est refuser de parler, c’est donc parler encore ».

La présentation du roman «  Ma mère se cachait pour pleurer », publié aux éditions La doxa, a été à l’honneur lors de cette journée internationale. Sur dix-neuf chapitres, dont le dernier donne son nom à l’ouvrage, l’œuvre, accessible, est marquée par un ‘‘je’’ narrateur. Le parcours des personnages est révélé par le narrateur- personnage, Fam. La trame se passe sur huit mois. C’est le récit de deux familles qui se détestent à mort, habitant une cité à Port-Gentil. Animosité, déchéance, inceste, infidélité, regret sont les thèmes qui jalonnent le roman. Celui-ci dévoile l’effroyable condition humaine, les secrets de famille qui déchirent à tel point que leur rédemption devient impossible. Peter Stephan Assaghle crée un labyrinthe dans lequel même le minotaure se perdrait.

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Présence remarquée de membres du corps enseignant de l’Université Omar Bongo

Pour lui, ce roman : « C’est la volonté de ne pas me taire que je trouve la volonté d’écrire. J’ai voulu rendre hommage à toutes les mères qui prennent sur elles tous les problèmes pour protéger leurs enfants », c’est ainsi que se décline la prise de position du romancier, à l’honneur de cette 23e journée internationale de l’écrivain africain. Peter Stephan Assaghle dévoile par là son style d’écriture. Il dénonce ici les crimes contre les enfants et le droit des enfants.

Imony Kombile Giowou

Article publié le 12 Novembre 2015

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