Les footballeurs professionnels gabonais réclament plusieurs mois d’arriérés de salaires

Posté le 24 Oct 2016
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Crise dans les clubs gabonais, l'ANFPG monte au créneau

Crise dans les clubs gabonais, l’ANFPG monte au créneau

Une grogne est perceptible dans le football professionnel gabonais depuis quelques temps. En effet, les joueurs professionnels regroupés au sein de l’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon, ANFPG, menacent de bloquer la saison 2016/2017 du championnat national de football professionnel. Cette grogne est consécutive au non-paiement par leurs employeurs respectifs, à savoir les clubs de football de première division, D1, et de deuxième division, D2, de plusieurs mois de salaires. Voilà sept mois, en moyenne, que les joueurs évoluant dans le championnat national de football professionnel ne sont pas payés. Les présidents des clubs de D1 se sont offert le luxe de procéder à « la réduction des salaires des joueurs sans explication, en violation du Code du travail et surtout des termes du contrat de travail des footballeurs », révèle une enquête de l’ANFPG.

Selon cette enquête, bon nombre de joueurs de 1ère division sont sans contrat de travail. Cette situation est encore pire en deuxième division où c’est la quasi-totalité des joueurs qui est sans contrat de travail. L’affaire a notamment été portée à l’Inspection du travail où la plupart des clubs incriminés, en tête desquels Akanda FC, propriété du chef despote et sanguinaire Bongo Ondimba Ali, alias BOA, n’ont pas daigné déférer à la convocation à eux adressée par qui de droit. A l’exception de quelques rares clubs tels Missile FC qui s’est présenté muni de documents aux fins de confrontation de chiffres avec ses joueurs.

Pour revenir à Akanda FC, cela fait aujourd’hui 11 mois que les sociétaires de ce club de première division de football professionnel n’ont plus été payés. Or, ce club est le représentant du Gabon en Coupe de la Confédération africaine de football, Caf. Maintes fois, les joueurs sont allés faire le sit-in au domicile de Frédéric Gassita, le président actif du club. En vain ! Et comme pour bien exprimer son mépris à ses joueurs, sieur Frédéric Gassita s’est contenté de verser, il y a de cela quelques mois, la dérisoire somme de sept millions de francs Cfa aux 25 joueurs employés par Akanda FC. Ce qui donne tout juste une insignifiante somme de 280.000 francs Cfa par joueur. Depuis, plus rien. D’où le énième sit-in du vendredi 21 octobre 2016. C’est dans cette situation de précarité exacerbée que le gardien de l’équipe d’Akanda FC, de nationalité Ghanéenne, a regagné son pays natal avec la somme infime de 15.000 francs Cfa dans les poches. Impensable !

Avec de tels comportements déviants, BOA est les sbires qui sont à sa solde, à l’instar de Frédéric Gassita, affirment qu’ils aiment et servent le sport en général et le football en particulier. Difficile de croire à ce qu’ils disent ! Comment donc, dans ces conditions, peut-on penser organiser une compétition comme la Can et par-dessus le marché, espérer la gagner ? Si les joueurs ne sont pas payés conséquemment, comment en attendre qu’ils réalisent des exploits ? Pas du tout étonnant que les clubs gabonais n’aillent jamais bien loin en compétitions continentales. Tout travail mérite un salaire, dit un vieil adage bien connu. C’est fort de tout cela que les joueurs des différents clubs menacent de bloquer le début du prochain championnat national de football professionnel jusqu’au paiement intégral de leurs émoluments.

Markky Edzang Zue

publié le 24 Octobre 2016

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