Les logements de Bikélé et d’Angondjé : Bruno Ben Moubamba lâche-t-il prise ?

logements sociaux-de-bikele-1200x800_cAprès la menace de recourir à la force publique pour expulser les squatteurs des logements sociaux de Bikélé et d’Angondjé, le gouvernement gabonais commence à douter de l’issue d’une telle entreprise pour le climat social dans le pays.
Ce gouvernement qui a accordé plusieurs mesures de clémence, dont un délai de grâce de huit jours concédé par Bruno Ben Moubamba, Vice-Premier ministre en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement, songe désormais à employer la manière douce pour expulser des squatteurs tenaces. En effet, face à la menace de les déguerpir de force, les squatteurs ont laissé entendre qu’ils ne bougeraient pas, quitte à employer la violence. Il semblerait que la volonté des squatteurs de Bikélé et d’Angondjé aurait eu finalement raison du gouvernement et de ses menaces d’usage de la force publique pour les déloger.

Face à la résolution des occupants des maisons de Bikélé, les membres du gouvernement ont tenu une importante réunion de crise entre Emmanuel Issoze Ngondet, Bruno Ben Moubamba, Lambert-Noël Matha, Massard Kabinda et Noël Mboumba. Cette réunion de crise montre à suffisance que la situation actuelle embarrasse le gouvernement qui souhaite désormais essayer la voie des pourparlers.
Car, en dépit des appels et menaces de déguerpissement brandis par la tutelle, c’est le statut quo. Rien ne semble ébranler ces familles qui se sont installées sur ces sites illégalement. Le gouvernement, conscient que le peuple gabonais porte encore en lui les stigmates des violences postélectorales, et soucieux de ne pas réveiller les « vieux démons », veut aujourd’hui parvenir à une solution négociée et tempérée qui pourrait apaiser les esprits, prêts au moindre rebondissement.

Victoire mitigée donc pour les occupants de ces logements sociaux dont l’attribution s’était faite par tirage au sort le 22 janvier dernier. C’est finalement le 1er juillet que les squatteurs avaient décidé d’y prendre leurs quartiers, las d’attendre l’éternelle fin des travaux. Pour les occupants des cités baptisées « Egalité des chances » et « Alhambra » à Angondjé, puis « Ebacor » et « EGCA » à Bikélé, il reste à connaître la tournure définitive que prendront les choses.

Aria Starck

publié le 13 Décembre 2016

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