LITTERATURE: TONDA, ou tuer et mourir au nom de l’amour

Posté le 18 Fév 2016
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Bonaventure Kassa Mihindou, auteur de TONDA

Dans une tragédie théâtrale de cinq actes, TONDA, Bonaventure Kassa Mihindou nous relate les contrariétés amoureuses d’un jeune couple, provoquées par un rival qui est passé maitre dans l’art de la manipulation et des moyens d’envoyer dans l’au-delà un adversaire.

Administrateur civil retraité de la fonction publique gabonaise depuis 2010, Bonaventure Kassa Mihindou se donne assez de temps pour livrer ses émotions par des écrits variés dans des genres littéraires. Il signe là son grand retour avec une pièce de théâtre « TONDA ». Dans cet ouvrage de 50 pages, l’écrivain nous dépeint une histoire d’amour plus au moins alambiquée. Dans une nuit sombre tombe d’une manière violente Ndjila, la mère de Tonda. Mais, cette mort paraît suspecte dans un contexte africain où rien n’arrive pas hasard. Du coup, les soupçons d’une mort organisée planent sur Ngoulai, l’amant de Tonda, le désormais suspect numéro 1 dans la mort de sa « belle-mère ».

Tonda, décidée de venger la mort « mystique » de sa mère fait donc appel à un ‘’nganga’’. Au fil de l’intrigue, les actes s’enchainent et s’en mêlent : la suspicion, la mort, la vengeance, l’amour sont au cœur même de cette pièce.

A travers des œuvres littéraires, Bonaventure Kassa Mihindou essaie de dessiner le vécu de son entourage, sa culture, ses origines gabonaises en particulier et africaines en général, ainsi que son propre quotidien depuis la ville de son enfance, Mouila. Dans cette nouvelle œuvre, l’auteur évoque les contours d’un « autre monde » autour de la commune de Mouila.

Depuis plusieurs années, Kassa Mihindou est l’une des plumes les sûres et régulières de la littérature gabonaise. En 1972, il rentre progressivement dans l’univers des écrivains gabonais en publiant une pièce de théâtre à polémique : « Le grelot du mouton ». L’auteur ne va plus s’arrêter. Il touche à tout: du théâtre à la poésie en passant par le conte. A côté de ceci, Bonaventure Kassa Mihindou se lance aussi dans l’écriture dramatique. Il est nouvelliste et romancier de grand talent. Son dernier roman a pour titre « Mambangou » (les courses ou échappées en langue punu du Gabon), paru l’an dernier aux éditions Mon Petit Editeur. « J’ai choisi d’ériger un coin de ma demeure en laboratoire d’écriture et de conseil aux jeunes auteurs », explique Kassa Mihindou, dans une modestie insoupçonnable.

Sa prose, composée de poèmes dont certains vers sont rimés tandis que d’autres dénotent d’une grande liberté, révèle un auteur, à la plume descriptive et à la fois lyrique, qui ne saurait assurément pas en rester là à l’analyse des thématiques abordées. Cet écrivain gabonais dépeint subtilement les réalités parfois difficiles à vivre dans un continent où la déperdition sociale a pris place dans le quotidien local. Avec sa plume, Bonaventure Kassa Mihindou montre son attachement à la culture africaine et il vante aussi les bienfaits des forêts proches de chez lui pour exprimer ses émotions.

Aria Starck

Article publié le 18 Février 2016

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