« Non à La CAN de sang au Gabon ! « 

picture4400.000.000.000 FCFA pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations dans un pays où le citoyen lambda manque à près de tout. C’est la dernière lubie d’Ali Bongo Ondimba pour faire passer la pilule de son hold-up électoral d’août 2016.
Classé par le rapport annuel FIFPRO 2016 comme l’un des pires championnats de football au monde avec 95,6 % de retard de salaires d’une saison sportive à une autre, le championnat gabonais est victime de la mal gouvernance générale du pays. La Ligue Nationale de Football (linaf), -ou la « pépinière à délinquants »-, présidée par Brice Bika Djambou est moribonde.

La fédération Gabonaise de football dirigée par un Président « pantin », Pierre Alain Mouguengui, est une pompe à fric – comme il y en a tant au Gabon-, pour les occupants du palais présidentiel, redistribuant à l’occasion des primes de match aux footballeurs en fonction de leurs accointances avec Ali Bongo Ondimba. C’est dans ce contexte que les gabonais se voient imposer la Can 2017, enjeu sportif et festif comme un gadget politique par le président gabonais et son fidèle ami et allier Issa Hayatou, président de la CAF, compétition dont les conditions d’attribution sont toujours contestées par certaines fédérations. Retards colossaux dans les travaux d’infrastructures, chantiers de stades interdits au public et gardés par des forces armées, hôtels non conventionnels boudés par certaines délégations telles le Ghana, Maroc ; lequel a décidé de refaire à ses propres frais ses installations sans doute grâce à l’amitié liant Ali Bongo Ondimba et Mohamed VI. C’est un scandale !!!!

La présentation de la mascotte de la CAN, le 25 mars 2016 est également symptomatique de ce climat hostile à la compétition et aux autorités gabonaises. C’était un spectacle navrant dans un stade quasi vide, pourtant localisé à Franceville, le soi-disant fief de la famille présidentielle. Les délégations de la FIFA et la Caf en présence de leurs présidents respectifs Gianni Infantino, Issa Hayatou et du président Ali Bongo Ondimba ont tenté de faire Bonne figure, mais tous ont compris que cela n’augurait rien de bon.( https://www.youtube.com/shared?ci=KB3hx2iWbcw)
Et ce ne sont pas les récents appels au boycott de la CAN de Marc Ona Essangui, membre imminent de la société civile gabonaise ou des interventions musclées de personnalité politique de premier plan tel que Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, président de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) qui démentiront cela. Selon toute vrai semblance une intervention de celui que les gabonais appellent  » le président élu », Jean Ping, devrait intervenir. En tout cas, les gabonais attendent très impatiemment cette déclaration de mise en garde à l’attention d’Issa Hayatou.

Les gabonais ne veulent pas de cette CAN et l’ont encore signifié au Président de la confédération Africaine de Football ce jeudi 15 décembre 2016 lors de l’ouverture de la billetterie de la Can 2017. Moments de ferveur et d’impatience, dans un pays normal, l’ouverture de la billetterie au public gabonais s’est passée dans une indifférence, voire un mépris généralisé.
« À cette allure, nul doute que les gradins seront occupés par les forces de l’ordre en civil ainsi que leur famille comme lors des meetings d’Ali. C’est le modus operandi du pouvoir ici  » tient à souligner Steve Oyabi Bazolo, un Librevillois joint par téléphone. (http://www.gabonmediatime.com/billets-can-2017-samba-tout-seul-a-nzeng-ayong/.)

Cette CAN si elle a lieu se jouera en période de graves crises sociales économiques et politiques. Pas de rentrée scolaire pour les élèves et étudiants gabonais car établissements défectueux, insalubres et insuffisants au Gabon. À cela s’ajoutent les revendications des syndicalistes Marcel Libama, Jean Rémi Yama, (ancien prisonnier politique, dernièrement relâché). et de la société civile qui réclament entre autres la libération des opposants politiques, les payements des arriérés de salaires des fonctionnaires, le règlement par l’État de ses dettes aux PME gabonaises, dettes qui délitent totalement le tissu économique et social local, plongeant de très nombreuses familles dans une précarité profonde. À ce propos des spécialistes dont Mays Mouissi, économiste et blogueur gabonais relève que le budget de la CAN qu’il estime à 463.000.000.000 fcfa équivaudrait aux budgets de l’éducation, de la santé et du logement réunis. Les trois grands maux (bien qu’ils ne soient pas les seuls du Gabon). Cf données sur le site maysmouissi.com.
Les gabonais qui ont accueilli la CAN 2012 co-organisée avec la Guinée équatoriale refusent dans le contexte qui est le leur aujourd’hui de mettre en danger les populations et les délégations sportives concernées.
En outre, le contentieux électoral ne semble pas terminé au Gabon. En effet, ayant signé en juillet 2016 avec la mission des observateurs de l’Union Européenne un protocole d’Accord donnant mandat à ces derniers de surveiller la tenue du processus électorale, Ali Bongo Ondimba et son gouvernement se voient imposer un dialogue par ladite mission, courant janvier 2017, pour mettre en place les recommandations énumérées dans son rapport. Il va sans dire que le peuple gabonais attend énormément de ce dialogue et qu’il sera particulièrement attentif à ses orientations ! Dans ces conditions, seront-ils disponibles pour prendre part à la compétition Africaine ? La question est légitime !
Les gabonais considèrent que les larmes des familles des prisonniers politiques tel le député Bertrand Zibi Abeghe et tous les anonymes qui l’accompagnent n’ont pas fini de couler. La sérénité et le bon vivre gabonais ne sont pas rétablis. Le sang des victimes du coup d’Etat électoral du 31 Août 2016 n’a pas encore séché en terre gabonaise. C’est pourquoi les gabonais crient non à la Can du sang au Gabon!

Issa Hayatou et Gianni Infantino sont prévenus !!!

Par GD

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