Ntoutoume Emane quitte le PDG pour faillite politique

Ntoutoume Emane prenant date avec l'histoire sur la chute prochaine du système Bongo-PDG

Ntoutoume Emane prenant date avec l’histoire sur la chute prochaine du système Bongo-PDG

Effaré et révolté face à une conjugaison de maux érigés en mode de gouvernance, absence de démocratie en interne, cynisme, arrogance, détournement astronomique des fonds publics et développement social au rabais, Jean François Ntoutoume Emane, ancien Premier ministre d’Omar Bongo, plusieurs fois ancien ministre et jusqu’au 7 février 2014, ancien maire de Libreville, décide de rompre son contrat politique avec le Parti démocratique gabonais, le PDG au pouvoir.

Décision rendue publique à la faveur d’une prise de parole politique organisée le vendredi 02 octobre dernier à sa résidence privée, sise derrière l’immeuble Narval à Libreville. Une révolte imputée à l’émergence d’un genre curieux de dirigeants : « Le pays est livré à un groupe de citoyens douteux et affairistes impénitents qui pillent allégrement les derniers publics », a laissé entendre le démissionnaire des rangs du PDG, qui, a greffé au chapelet des récriminations, le chômage endémique, l’école et l’hôpital publics qui sombrent au profit des établissements privés de fortune, la prolifération des crimes rituels, la promotion des ‘’bras cassés’’ aux cimes de la société, etc. Avant d’appeler à un sursaut politique, économique, social et culturel visant à sortir rapidement le pays de cette confusion de sens et de repères : «  Les vrais compatriotes ne peuvent pas supporter longtemps ce désordre, en soutenant l’actuel régime ».

Vue de quelques invités d'honneur.....

Vue de quelques invités d’honneur…..

Des coups de massue donné au PDG et à ses nouveaux dirigeants, en présence d’un parterre d’invités issus tant de la classe politique que de la société civile, à l’instar de Marcel Eloi Rahandi Chambrier, présenté comme l’homme qui lui a mis le pied à l’étrier, politiquement parlant, de l’ancien vice-président de la république sous feu Omar Bongo, Didjob Divungui Di Dingue, du président de la principale formation politique de l’opposition, l’Union nationale, Zacharie Myboto, de l’ancien président de l’assemblée nationale et président du Congrès pour la démocratie et la justice, CDJ, Jules Aristide Bourdes Ogoulinguende, des anciens Premier ministre, Casimir Oyé Mba et Raymond Ndong Sima, et de nombreux jeunes loups aux dents longues, comme le très discret ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, Frédéric Massavala Maboumba, Monseigneur Mike Steeve Jocktane, Jean Pierre Rougou, pour ne citer que ceux là.

Autres invités

Autres invités

Face à cette incapacité chronique du PDG à épouser l’air du temps, en dépit des contributions multiples de ses nombreux cadres à refonder ‘’la machine politique’’ en tirant cette formation vers le haut, Jean François Ntoutoume Emane décide de tirer tous les enseignements de cette sclérose entretenue, en annonçant son départ du PDG : « A compter de ce jour, vendredi 02 octobre 2015, je ne suis plus membre du Parti démocratique gabonais ».

Une vue de l'assistance nombreuse

Une vue de l’assistance nombreuse

Départ sur fond de mea culpa et de pardon à la Nation, pour avoir commis l’erreur politique de soutenir publiquement Ali Bongo lors de la présidentielle anticipée de 2009 : « Mais aujourd’hui, au vu de son comportement empreint de cynisme, de mépris, et en raison de son œuvre depuis 6 ans, je supplie Dieu et le peuple gabonais tout entier de me pardonner. Je me suis trompé sur la capacité de l’homme à diriger le pays », s’est confié, la main sur le cœur, Jean François Ntoutoume Emane qui poursuit sa carrière politique dans l’opposition, au sein d’une nouvelle formation politique dont le nom a été dévoilé dans la foulée de sa sortie du PDG, le Mouvement patriotique et démocratique pour la refondation de la république, MPDRR.

Paul Davy

Article publié le 03 octobre 2015

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A propos de l'auteur
  • MOULAMBA BONIFACE

    COMMENT COMPRENDRE DANS UN PAYS DE DROIT COMME LE GABON,LES MEMES HOMMES DOIVENT DIRIGER LE PAYS JUSQU’A LEUR MORT?