Patrick Eyogho Edzang, fraîchement élu député de Bitam, a grippé le « rouleau compresseur»

Posté le 10 Août 2015
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Patrick Eyogho Edzang, nouveau deputé de Bitam

Patrick Eyogho Edzang, nouveau député de Bitam

Sous réserve du contentieux électoral, la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP) a rendu publics le 8 août dernier, les résultats de l’élection législative partielle dans la commune de Bitam. Des résultats qui attendent la validation de la Cour constitutionnelle, au terme du contentieux électoral dont celle-ci serait saisie éventuellement. Les résultats rendus publics par le préfet, puis validés par le commission électorale locale, donnent vainqueur le candidat de l’Union nationale, Patrick Eyogho Edzang. L’homme s’en tire avec 1128 voix, soit plus de 47 % des suffrages exprimés, contre 1021 voix au candidat du PDG, Pastor Ngoua N’neme, avec plus 43% des suffrages. Seules 200 voix sont reconnues au candidat indépendant, Jean Michel Edou Sima, qui s’en tire avec 8, 50 % des suffrages, synonymes de mémorable déculotté sur fond du ‘’prix de la trahison’’.

Des résultats du vote qui reflètent l’inaction du légendaire ‘’ rouleau compresseur’’, allusion à la ‘’machine de fraude’’ habituellement mise en route par le Parti démocratique gabonais, PDG au pouvoir, en temps de vote. Inaction qui est imputable à une vigilance de tous les instants, déployée par l’Union nationale et ses alliés de l’opposition, dans ce duel au couteau qui a au final tourné à l’avantage du candidat de l’opposition.

La surveillance du vote a été assurée avec brio par trois représentants du candidat de l’opposition dans chaque bureau de vote. Des représentants qui n’avaient pas forcement d’affinités. Ce qui rendait difficile l’hypothèse de cas de corruption en bande organisée. Dans la ville et autour des bureaux de vote, des brigades anti fraude n’ont pas laissé place à l’improvisation, faisant échec, sans ménagement, aux actes d’anti jeu de toute nature, à l’instar des votes avec l’acte de naissance, autorisés uniquement en zone rurale. Bitam étant une commune de plein exercice depuis 1960, la circonscription administrative et politique sort, de fait, des zones dites rurales.

Autres contre-offensives payantes, le refus de laisser place au vote à l’aide de récépissés douteux, dont l’authenticité n’a pas été apportée. Même son de clôche pour les auteurs de votes multiples, dont les initiatives n’ont pu prospérer. Des opérations de sensibilisation civique ont été spontanément organisées par ailleurs, pour éveiller le sens citoyen des électeurs face à la circulation à verse des billets de banque, avec pour ambition avouée ‘’d’acheter’’ la conscience des votants, pour in fine, faire basculer le vote au profit du candidat du parti au pouvoir. D’énormes moyens financiers consentis qui ont finalement été jetés par la fenêtre.

Le cas le plus patent de trafic d’influence, sur fond de tripatouillage, est intervenu au bureau de vote de Mimbang, dans le village Essangui, fief politique du candidat PDG, Pastor Ngoua N’neme. Contrairement aux autres bureaux de vote où les urnes ont été convoyées dans les délais à la commission communale électorale, celles du bureau de vote de Mimbang ne sont arrivées qu’au-delà de 23 heures, à la suite d’opérations interminables de recomptage des voix. Un processus laborieux durant lequel le Vice-président du bureau de vote, représentant l’opposition, Klébert Ondo Nkili, est tombé dans les pommes. Un incident qui a laissé planer des soupçons d’empoisonnement. Mais, son transfert illico au centre hospitalier de la commune a permis de comprendre qu’il s’agissait d’un cas d’hypoglycémie. L’homme a retrouvé ses esprits, près d’une heure après, à la suite de soins intensifs.

La sécurisation du vote a payé au final, et la présence de failles aurait pu compromettre l’ensemble des efforts mis en branle pour barrer la route au PDG, ancien détenteur du siège.

Paul Davy

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