SIAT Gabon pollue la rivière Biwéni à Ikembelé ( Centre du Gabon)

Posté le 21 Août 2015
Commentaire (s) inactif
Siat2

Vue de la rivière Biwéni à Ikembelé, toute bleuâtre

Les habitants d’Ikembelé, bourgade située à 27 km de Lambaréné, ville du centre du Gabon,  sur la route de Fougamou (sud), ont vécu un curieux phénomène : les eaux de la rivière Biwéni, dont ils se servaient jusque-là sans aucun problème, avaient viré au bleu dans la journée du 7 août dernier. Les populations inquiètes, pour la plupart employées de Siat ou cultivatrices dans les environs, ont saisi les responsables de l’entreprise agro-industrielle qui a reconnu qu’un colorant bleu, ‘’ Iragaon Bleu ABL9’’ qui sert à lutter contre le vol des fonds des tasses d’hévéa dans les plantations industrielles, a malencontreusement été déversé par un agent en amont de la rivière.

Siat1

Vue de la descente sur la rivière

L’on apprend, par ailleurs, que l’Iragaon Bleu ABL 9, tout de même déconseillé à la consommation en raison de sa nature chimique, ne présente aucun danger pour la santé humaine et animale, y compris pour les espèces aquatiques. Si la fiche de données de sécurité (FDS) semble l’attester, Siat-Gabon a tenu à procéder à de nouvelles analyses. «Des échantillons d’eau de la rivière ont été prélevés à plusieurs endroits de celle-ci dès les premières heures du déversement. Ces échantillons sont en cours d’analyse à la Direction Générale des Etudes et Laboratoires (DGEL) et seront confrontés à ceux prélevés dans la même rivière avant le 7 août 2015», a déclaré un responsable de Siat-Gabon qui n’a pas nié que la Direction Générale de l’Environnement (DGE) et l’ONG Brainforest ont également procédé à des prélèvements d’échantillons, pour se faire leur propre opinion sur l’incident et son éventuel impact sur les populations et l’environnement. Siat s’engage à distribuer des packs d’eau minérale aux populations et a mis à disposition un camion citerne d’eau pour les besoins domestiques.

Alors que les résultats sont attendus, Siat assure avoir consenti à verser une indemnité aux familles victimes. Pourquoi indemniser si le produit n’est pas impropre à la consommation? D’où la nécessité d’attendre les résultats des analyses engagées.

Imony Kombile Giowou

A propos de l'auteur