Suspension de la Conasysed Dynamique unitaire appelle à la solidarité des syndicats

Allocution de Jean-Remy Yama, président de la DU

Hier au cours d’une déclaration, Jean Rémy Yama, le président de Dynamique uni- taire (DU), a tapé du poing sur la table pour exiger de l’État la restitution du droit syndical à la Convention nationale des syndicats du secteur de éducation (Conasysed) suspendu par le ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha. « Ayant appris avec stupéfaction et indignation la suspension des activités de la Conasysed par le ministre de l’Intérieur à la demande de son collègue de l’Éducation nationale, la Confédération syndicale Dynamique unitaire, dont la Conasysed est un des piliers, s’insurge contre une telle décision qui viole tous les textes internationaux et nationaux qui protègent et encadrent l’activité syndicale dans un pays démocratique.» Rappelant, à toutes fins utiles, que l’action syndicale est protégée par la Convention n°87 de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui stipule en son article 4 que « les organisations des tra- vailleurs et d’employeurs ne sont pas sujettes à dissolution ou à suspension par voie administrative » ; la convention N°98 de l’OIT ; la Constitution de la République Gabonaise, en son article 1er, alinéa 13 ; la loi 18/92 du 18 mai 1993 fixant les conditions de constitution et de fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’Etat, en son article 10 qui dispose : « Les syndicats des agents de l’Etat se for- ment et se dissolvent libre- ment conformément à leurs statuts. » Aussi, la DU n’a pas manqué d’inviter les autorités gabonaises à revoir leur décision si tant est que le Gabon reste encore un Etat de droit. «Nous interpellons la communauté internationale et les partenaires internatio- naux représentés au Gabon parmi lesquels, l’Unesco, l’Unicef, le Pnud, l’Unoca, l’OIF et toutes les autres missions diplomatiques accréditées au Gabon à réagir face à de telles dérives qui montrent à suffisance que les indicateurs de la démocratie sont au rouge, car l’Etat de droit est gravement menacé au Gabon, lorsque qu’on emprisonne les syndicalistes et lorsqu’on suspend les activités des organisations syndicales. »

Pour les membres de la DU, il est anormal qu’un ministre vienne à suspendre les activités d’une famille composée de sept membres et appeler individuellement chaque membre à la négociation. Tout comme il est inexplicable que ce soit un ministre de l’Intérieur qui agisse à la place de la justice si les faits reprochés (trouble à l’ordre public, entrave à la liberté de travail, violences et voies de faits) étaient avérés. Seule la justice était compétente pour prendre une telle sanction selon les procédures requises. C’est pour cela que pour les syndicalistes, le résultat recherché par le ministre de l’Éducation nationale est d’écarter des discussions ceux qui sont en grève et discuter avec les syndicats non grévistes pour trouver les mécanismes en vue de casser la grève et de tuer le syndicalisme au Gabon. « Toutes ces manigances font du ministre de l’Éducation nationale, Florentin Moussavou, le véritable pyromane de la crise actuelle en réactivant chaque fois le feu lorsqu’il est sur le point de s’éteindre. C’est pourquoi il constitue une entrave, un obstacle à la solution du problème en devenant lui- même un problème. Alors, ceux qui sont à l’origine de sa présence à la tête ministère doivent en tirer les conséquences. Si le gouvernement est solidaire de la bêtise et de la médiocrité, il en assumera les conséquences. »

Voilà pourquoi Jean Rémy Yama a lancé à l’endroit des syndicats de l’Éducation nationale cet appel : « Quelles que soient vos divergences, vous ne pouvez pas accepter qu’un membre de votre famille soit frappé ainsi sans réagir. C’est la raison pour laquelle nous vous demandons de suspendre votre participation aux rencontres prévues avec le gouvernement dès le lundi 20 mars 2017, aussi long- temps que la mesure de suspension des activités de la Conasysed ne sera pas levée. »

par Sophie Beuve Mery

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