UOB : les étudiants mettent le feu aux poudres

Posté le 01 Mar 2017
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Les étudiants de l’Université Omar Bongo, UOB, ont décidé le lundi 27 février 2017, après une assemblée générale tenue sous « L’arbre à palabre », de geler toutes les activités pédagogiques et d’ériger des barricades devant le « Grand portail », entrée principale de l’institution, afin d’exprimer leur mécontentement face au mépris affiché par BOA et son gouvernement, s’agissant des complaintes qui caractérisent la vie des étudiants dans une université à l’agonie.

Les années passent et rien ne semble pouvoir changer au sein de la première université gabonaise, où les théâtres de mouvement de protestation sont désormais le quotidien de la vie estudiantine. Au cœur de cette montée de fièvre, d’éternelles revendications qui, semble-t-il, n’ont jamais trouvé de solutions définitives au fil du temps : la réouverture du restaurant universitaire; l’équipement de la bibliothèque universitaire; la réfection de l’amphithéâtre de 1ère année Droit détruit par des bombes lacrymogènes larguées par des troupes héliportées de l’armée gabonaise durant les émeutes du 31 août dernier; la reprise des travaux de voirie et du campus universitaire arrêtés depuis plusieurs mois; le paiement de la bourse d’études prévu pour le 10 de chaque mois; l’annulation de l’exigence de l’obtention de la moyenne de 12/20  pour l’admission en master 2 : une décision jugée illégale par les étudiants, d’autant que «le décret instituant le système Licence Master et Doctorat, LMD, n’exige aucunement la moyenne de 12/20», précisent les étudiants. Sans oublier que le système LMD, toujours incompris, semble être appliqué  par chaque département  à sa convenance.

Pour les étudiants, la grève est « la seule manière pour se faire entendre du gouvernement qui ferme systématiquement les yeux, et même les oreilles, sur tout ce qui concerne l’Université et surtout nous les étudiants. Nous avons donc décidé de la suspension de toutes les activités académiques jusqu’à satisfaction des besoins des étudiants. Ce sont des problèmes que vous connaissez déjà qui n’ont jamais trouvé de solution. La balle est dans leur camp maintenant », a expliqué un étudiant au sortir de l’assemblée générale.

A cela s’ajoute la situation administrative de plus de 800 étudiants qui n’ont pas pu effectuer leur inscription. Selon le président de la Ligue estudiantine des droits de l’homme, Yves Fernand Adzui, la nouvelle grogne des étudiants dénonce cette injustice flagrante : « 800 nouveaux bacheliers n’auraient pas pu se faire inscrire dans les délais arrêtés par le rectorat. Par ailleurs, désormais pour accéder en Master, les étudiants devraient obtenir une moyenne de 12/20 ».

A ces  préoccupations, « les étudiants s’insurgent contre la disparition, sur les procès-verbaux des résultats des examens, des noms de plus de 500 étudiants  publiés il y a quelques jours », a tenu à préciser Yves Fernand Adzui.

En dépit des sollicitations formulées auprès des autorités rectorales, pour trouver une issue à ces problèmes, le recteur n’aurait pas levé le petit doigt, affirme Yves Fernand Adzui. Face à ce refus, les étudiants n’ont pas trouvé mieux que de barricader le portail de l’UOB,  de brûler des pneus et de bloquer la circulation.

Comme il est de coutume avec BOA et ses obligés du gouvernement, la police de la junte a été dépêchée sur place pour « disperser » les grévistes à coups de gaz lacrymogènes. Ce qui a entrainé des échauffourées marquées par des bombes assourdissantes, des coups de  matraque et des jets de pierre.

 

Le secteur éducation est en ébullition depuis des mois et cette nouvelle grève des étudiants n’est qu’une « dépouille de plus ajoutée à un charnier ». Le syndicat national des enseignants-chercheurs, Snec, est entré en grève depuis le début du mois de février suite à de nombreuses revendications parmi lesquelles le paiement de la prime d’incitation à la recherche. Le personnel administratif, les techniciens et les ouvriers en service à l’UOB ont également suspendu toutes les activités pour une durée d’un mois, et ce, malgré les nombreuses menaces et intimidations du recteur Marc-Louis Ropivia qui aurait signifié au personnel ATOS, le 17 février dernier lors d’une réunion aux allures de « règlement de comptes », que « avec toutes ses relations, personne ne pourra le faire bouger de son fauteuil et que ce bras de fer tournera forcément à son avantage».

 

Les échauffourées entre les étudiants et les forces de l’ordre se sont poursuivies le mardi 28 février dernier, les étudiants ayant tenté de barricader une fois de plus la voie publique.

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