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Hydrocarbures 

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La Caistab condamnée à la faillite

Ngoulakia
Ngoulakia

 

Le gouvernement vient d’annoncer la décision de libéraliser le secteur des hydrocarbures et de suspendre toutes les subventions publiques à ce domaine. Cette décision va précipiter la chute de la Caisse de stabilisation et de péréquation.

La Caisse de stabilisation et de péréquation (Caistab) va devoir se séparer, au bas mot de 500 collaborateurs pour espérer survivre. C’est le diagnostic sans complaisance d’un expert en hydrocarbures rencontré en milieu de semaine dernière. Et l’on ne peut que lui donner raison.En effet, la Caistab tire l’essentiel de ses revenus du secteur des hydrocarbures au travers de la taxe de péréquation qu’elle prélève dans les zones à faible prix de revient du litre de carburant. A Libreville et Port-Gentil principalement. La manne ainsi collectée avoisinerait les 10 milliards de FCFA chaque année, voire un peu plus selon certaines sources. Or, l’arrêt de toute subvention dans le secteur des hydrocarbures, comme vient de le décider le gouvernement dans la loi de finances rectificative 2015 en cours d’arbitrage à la Primature, risque d’entrainer la suppression de cette taxe. Ce qui aurait comme corollaire la mise au chômage d’une grande partie de son personnel. L’autre branche de l’activité de la Caistab est le négoce du café et du cacao, mais constitue davantage un centre de perte et non de profit pour l’institution. Le Fonds monétaire international (FMI) a toujours demandé au gouvernement gabonais d’amener la Caistab à se délester de cette activité, du fait qu’elle « consommait » sans espoir de retour sur investissement, une partie du produit de la taxe de la péréquation. Le gouvernement, jusqu’ici, avait toujours refusé de suivre cette requête. Au vu de la conjoncture, l’éventualité de la fermeture de la Caistab devient plausible. A moins qu’elle se résolve à subir à une restructuration de choc. Ce qui va indubitablement conduire à des licenciements en masse.

Le plus inquiétant, semble-t-il, est que personne ne s’est soucié du devenir de la Caistab au moment où le gouvernement ajustait ses choix à la Pointe Denis. Son sort et celui des centaines de salariés prennent la forme d’un boomerang. Ce qui prouve à suffisance que tout ce que fait ce gouvernement semble empreint de peu de sérieux. A moins que cette liquidation annoncée de la Caistab ne masque en réalité la revanche du « petit-frère » sur le « grand-frère ». On sait que Léon-Paul Ngoulakia a toujours refusé d’appliquer les décisions prises par son « petit-frère » Ali Bongo Ondimba sur la Caistab. Le dernier exemple en date étant l’ignorance totale par l’actuel directeur général de la Caistab des nominations décidées par le ministre de l’Economie d’alors, Luc Oyoubi et validées en Conseil des ministres. En laissant la Caistab sans « activité » et condamnée à une mort certaine, Ali Bongo Ondimba règle définitivement l’équation Ngoulakia. Par la même occasion, sauf à être candidat à une traversée du désert, Léon-Paul Ngoulakia n’aura d’autres choix que de faire allégeance. Ce qui n’est pas fait pour déplaire à Maixent Accrombessi, le régent du Gabon, lui qui avait tant de mal à « cerner » L P Ngoulakia.

 

JMS

 

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