lundi, avril 15, 2024
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    EDITORIAL : L’ INAPTOCRATE au pouvoir

    Désiré Ename
    Désiré Ename

    Par : Désiré Ename

    L’analyste financier Mays Mouissi, dans son compte Tweeter, en réaction à la venue de Lionel Messi pour une escapade au Gabon, décrivait le mandat de sa petite majesté « en 10 show » : « Seleçao, carnaval, Portugal, Course de bateaux, 2MotoShow, R-Kelly, 2 CAN, Pelé, Marathons, Messi.» Au passage, on ajoutera à cette flopée de réalisations : Rick Ross le rappeur, le trophée des champions, etc. Il vaut mieux fermer la liste, au risque d’être exténué. Mais doit-on s’en étonner ?

    Sa petite majesté a commencé sa vie publique par une intrusion dans le monde du showbiz. C’était le « Brand new Man ». Une caric de star, coincé entre du plagia Disco et l’interprétation Pop ambiante de l’époque. Sauf que, sans talent et n’ayant pas le charisme qu’avait un Jimmy Ondo, star affirmée à l’échelle internationale, il se fondra vite dans les ravins assombris où ont toujours échoué, avant lui, nombre d’aventuriers de ce monde très sélect du showbiz. En lot de consolation, après l’échec de la greffe sur l’artiste Jimmy Ondo, il écumera le monde en usant d’une identité de fils de (…) Cela, pour infiltrer des milieux de ce showbiz auquel il a tant rêvé d’appartenir sans jamais y parvenir. Ainsi, il y noue quelques contacts, se fait quelques potes pour qui, il faut le dire, c’est toujours bien d’avoir la carte de visite d’un fils de(…) Mais retenons de tout cela que cet artiste raté va développer ce qu’on appelle en psychanalyse le trouble de la personnalité limite ou trouble « borderline ». Les experts l’associent à « l’image de l’adulte qui est resté un enfant ».

    Le tableau qu’a décliné Mays Mouissi pour décrire le mandat de sa petite majesté Ali Bongo est révélateur de ce « trouble borderline ». Prenons un ado de 15 ans, et donnons-lui le gouvernail du bateau Gabon avec la caisse qui va avec. Très exactement, ce mouflet aura comme première obsession d’assouvir et réaliser les rêves d’enfance. Il ira suivre un match au Barça et s’extasier devant le roi du foot, Pelé himself; et dans le même registre s’entourer des joueurs de la Selaçao l’instant d’un match de gala, même sur une pelouse détrempée comme ce fut le cas au stade d’Akanda ; il voudra serrer la main de R-Kelly et organiser un show pour l’artiste ; il voudra transporter le carnaval de Rio à Libreville pour voir les travelos et danseuses brésiliennes en direct ; s’apercevant que sa ville est en bordure de mer, quoi de plus délirant pour l’ado que de voir à vive allure une course de motonautique; comme il aura suivi l’explosif Vince Diesel dans Fast and Furious, pourquoi ne pas faire un show identique mais avec des motos !!! Bref. A quoi devait-on s’attendre lorsque, en 2009, Mborantsuo intronisait à la tête de l’Etat une personne qui fait une crise d’adolescence permanente ?

    Sur quoi devait se concentrer un chef d’Etat lorsque son pays traverse une crise sociale à nulle autre pareille soutenue par des grèves qui, il y a quelque temps encore, ont paralysé toute l’administration et pourrait s’enchaîner comme cette grève des magistrats qui se profile; soutenue par le mal vivre qui s’illustre par la précarité de l’habitat, le chômage etc. ? A quoi doit s’occuper un chef d’Etat lorsque l’économie se porte mal comme c’est le cas actuellement ? A quoi doit s’occuper un chef d’Etat, de surcroît chef de parti politique, au moment où ce parti traverse une des crises les plus dévastatrices qu’il ait connues depuis sa  création en 1968 et qui pourrait le laisser en lambeaux ? Tel un ado qui ne prend pas conscience de la précarité qui gagne son peuple, sa petite majesté continue ses jeux et ses délires d’enfant insouciant sans se soucier de l’état du pays.

    Dès lors, et eu égard à ses états de service, cela eût été faire montre d’imbécillité que d’espérer que cet ado permanent produirait autre chose qu’une Inaptocratie. Qu’est-ce que c’est ? Jean d’Ormesson, académicien, la définit comme « un système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d’un nombre de producteurs en diminution continuelle». C’est là une définition parfaite du système de sa petite majesté Ali Bongo Ondimba.

    Truffé de « phalanges profito-situationnistes », ces « moins aptes à gouverner » qui composent aussi la classe des flagorneurs ; des bœufs votant « ces moins capables de produire » qui sans conscience aucune feront toujours partie du package électoral des tenants de l’inaptocratie et voteront toujours sur commande ; et c’est cette majorité de « moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir » et qui sont payés par le produit de Delta Synergie, cette « confiscation de richesse et du travail » du petit « nombre de producteurs » soit quelques employés du pétrole et des mines, du reste « en diminution continuelle » (avec la chute du baril et le chômage qui gagne le milieu), qui est venu, en majorité, applaudir un Messi en guenilles reçu par l’inaptocrate qui préside, sans dignité, aux destinées du Gabon.

     

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