lundi, avril 15, 2024
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    EDITORIAL : La charge ABC…

    Désiré Ename

    Par : Désiré Ename

    Le Mogabo a péri tragiquement, après une courte et très bruyante existence, des suites de la charge d’Alexandre Barro Chambrier (ABC) à la tête d’« Héritage et Modernité». Alors,nos condoléances les plus attristées aux «phalanges profito-situationnistes». Peut-être devrait-on adresser nos condoléances individuellement à Pacôme Moubélet Boubeya, Alain-Claude Billie by Nze, Denise Mekam’ne et autres. Ce qui vient de se passer est une tragédie. Elle s’est jouée en quelques actes.

    Acte 1. Le nouveau coordinateur de la communication, le porte-parole de la présidence, réussit à accaparer tous les services dédiés de cette institution. Il décide de mettre en place un plan des plus offensifs contre tous les détracteurs de son champion, sa petite majesté Ali Bongo Ondimba, à l’intérieur comme à l’extérieur de leur camp politique. Le plan couvre par ailleurs le rempilage de ce dernier à la tête du Gabon en 2016. Si élection il y a. Passons les détails de ce plan et ses pans en matière de violation des libertés individuelles.

    Acte 2. Le nouveau coordinateur décide de gommer d’un trait, un seul, tous les artificiers qui opéraient dans le secteur ; agences et consorts. Il faut trouver qui parmi les communicants expérimentés en Francepeut-être une parfaite passerelle vers les autorités françaises. Rien de tel que de chercher dans la panoplie des communicants des hommes au pouvoir actuellement dans les différentes strates, de Matignon à l’Elysée, en passant par le Quai d’Orsay. C’est ainsi que sous les conseils du gotha des cercles du pouvoir et des milieux d’affaires en France, Anne Hommel est dénichée. Elle a conseillé Strauss Kahn et est proche du Premier ministre, Manuel Valls, sans compter ses autres ouvertures dans les cercles de gauche et ailleurs.

    Acte 3. Le plan de Com, le média planning, avec la définition des axes et des moyens de communication. C’est dans ce flot que, entre autres supports, le Mogabo est conçu et porté sur les fonts baptismaux. Quoi de plus disant qu’une démonstration de force en Hexagone ! Montrer aux décideurs français que sa petite majesté reste l’homme de l’avenir. C’est ce qui s’est passé passer le 6 juin dernier avec une sortie en grande pompe dans une salle que l’on va remplir de participants et adhérents venus de Libreville : des cadres des ministères, des membres du gouvernement également membres du directoire, d’éléments de la Garde républicaine et quelques jeunes de France. Le Mogabo réunira ainsi quelque 500 personnes dans la salle, plus des médias.

    Acte 4. L’implantation du Mogabo dans l’arrogance des jeunes premiers.  La suite aurait pu se poursuivre sans anicroches si les tenants du Mogabo n’avaient pas mis en avant leur verve dénigrante dans tout leur processus. Verve dénigrante manifestée à l’endroit du PDG-dur, dirigé d’antan par Guy Nzouba Ndama, qui vient de faire tinter la clochette pour annoncer sa reddition. Et c’est là que la tragédie du Mogabo va atteindre son climax. Le point où culminera l’intrigue avant la chute. Lorsqu’entre en scène Alexandre Barro Chambrier, à la tête du mouvement « Héritage et Modernité », qui a d’ores et déjà déclaré ne pas être concerné par la décision issue de la réunion du comité permanent de vendredi dernier. Info qui reste à bien confirmer. Le Mogabo est dénudé. Egorgé et mis à sac. ABC, dans sa charge, n’a même pas eu besoin d’effort exceptionnel pour débusquer sa proie. Un seul coup sec dès qu’elle a pointé le nez. La sortie de sa petite majesté n’a en définitive été là que pour constater les dégâts.  La charge aura été fatale. Fin de la tragédie.

    Sa petite majesté a pensé que dissoudre le Mogabo et tout autre courant à l’intérieur du PDG allait régler le problème. Croyait-il aussi reprendre la main sur son parti ? Trop tard. L’incendie a ravagé 90% de la baraque. Penser qu’on peut encore en sauver les meubles n’est qu’espérance vaine. Sa petite majesté n’a plus d’issue qu’en fantasmant sur l’avenir. Avec l’air de dire à ses limiers : « Laissons faire. Nous n’avons plus que quelques mois à passer avec ces ‘’rats’’. Une fois les élections terminées en 2016, le renouvellement de l’Assemblée nationale suivra. Et je raserai tout ce monde. Et leurs comptes seront réglés dans une extrême gravité. »Voilà comment doit être perçu le recul de sa petite majesté. Sauf que ce dernier et son clan sont trop convaincus d’être plus intelligents que tous les autres.

    On ne décrète pas l’obligation d’entretenir de bonnes relations. Sa petite majesté aurait dû commencer, il y a six ans, par tenir ses « chiens » en laisse et les conditionner au respect des aînés et des fondements de l’ex-parti des masses. Tout comme il est absurde de croire qu’il suffira d’un communiqué du comité permanent pour ramener l’ordre dans les rangs. « Héritage et Modernité » a décliné sa position : elle est irréversible. Voilà qui traduit la détermination de ses partisans. Car reculer pour eux ne sera rien d’autre que leur fin. Reculer consistera à ne signer ni plus ni moins qu’un arrêt de mort collectif. Cela étant, soit ABC, qui a pris le parti d’être le maestro, guide la partition jusqu’au bout, soit on la lui jouera en guise de requiem. La balle est entièrement dans son camp.

     

     

     

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