dimanche, avril 14, 2024
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    Main basse sur la communication : Ali Bongo otage d’Alain Claude Bilie By Nze et de Mekam’ne

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    La tribu Essa – Mboune vient de pondre deux décrets pour prendre en otage Ali Bongo et sa la communication publique. Le premier porte sur les attributions du Porte parole de la présidence de la République et le second sur la création et l’organisation de l’Office public de l’information et de la communication.

    Il y a d ‘abord le projet de décret n°1325/MCRICPPG/SG/DGRIC, du 22 juin, fixant les attributions du porte-parole de la présidence de la République. Puis, Le projet de décret n° 1164 MCRICPPG/SG/CAB portant création et organisation de l’Office public d’information et de communication (OPIC). Si les deux projets de décrets ont été rejetés par le Conseil d’Etat, Denise Mekam’ne Edzidzie Taty, n’en démord pas. Dans une note au président de la République elle tient à tout prix à faire passer son exposé des motifs. En résumé, venir au secours de son frère Alain Calude Bilie By Nze et disposer d’une tiroir- caisse, l’Office public d’information et de la communication (OPIC). Un établissement public à caractère industriel et commercial, jouissant de l’autonomie administrative et de gestion.

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    Le texte est prévu lors du prochain conseil des ministres qu’Ali Bongo Ondimba présidera. La fin couronne l’oeuvre, l’ambition de l’un des «habiles profito-situationnistes, aux chaussures enfoncées dans la boue des chemins tortueux de l’enrichissement astronomique sans cause… », va trouver son aboutissement. Le 9 avril, Denise Mekam’ne Edzidzie Taty, ministre de la communication et le porte parole du président de la République, Alain Claude Billie Bi Nze, du reste son cousin, ont eu la lumineuse idée de créer l’Office public d’information et de communication (OPIC), a confié une source proche du conseil d’Etat.

    Sauf que le texte a été heurté au rejet des conseillés membres de l’institution. Que prévoyait ce texte? Dans le plaidoyer pro domo servi par le membre du gouvernement, il ressort ce qui suit : «il a été plus d’une fois constaté des dysfonctionnements et autres hiatus dans la communication tant du gouvernement que de la présidence de la République. Cette situation dommageable est due en grande partie à la multiplicité des structures chargées de mettre en œuvre la communication du gouvernement et celle de la présidence de la République…»

    A l’analyse du projet, les membres du conseil d’Etat sont tombés des nues. Car, ont-ils expliqué, même d’apparence, l’exécutif présente deux têtes. Comment le président de la République qui est censé sanctionner le travail du gouvernement va être juge et partie de la communication de celui-ci, si ce projet est approuvé ? Face à une erreur de traitement ou d’analyse, qui va-t-on sanctionner ? Se sont-ils interrogés. La communication étant une mission régalienne de l’Etat, elle ne saurait, par son caractère sensible et son traitement confidentiel être confiée à un établissement public.

    Surtout, avec un personnel soumis à un simple contrat de travail, puisque certains seront recrutés depuis l’extérieur. Des personnes appelées à quitter le pays un jour à l’autre. Emportant ainsi avec elles des informations qui peuvent devenir des bombes dans le contexte socio-économico-politique. Ajouté à cela, ledit projet visait à dissoudre toutes les directions de la communication présidentielle et gouvernementale en une seule.

    Selon le schéma proposé par Denise Mekam’ne, des anciens directeurs seront réduits au stade de simples chefs de services. Au regard de l’expérience et la formation de ces derniers, au plan administratif, l’épreuve a été jugée impossible. Tout comme la création de cette agence qui supprime les postes de conseillers en communication et d’attachés de presse. Aussi, le conseiller juridique du ministre de la communication et le représentant du porte-parole n’ont pas daigné honorer de leur présence, pour défendre ce texte lors de l’audition. Un acte jugé méprisant par les membres de la plus haute juridiction administrative. De prime à bord, la première observation faite au ministre de la communication est le déphasage avec ses missions régaliennes. En plus, on lui a fait remarquer que la multiplicité des structures n’était que la volonté du palais du bord de mer, avec les directions de la presse présidentielle ‘’PP’’ et celle de la communication présidentielle ‘’DCP’. Ainsi que bien d’autres encore, notamment celles des relations publiques et des réseaux sociaux. La particularité de ces dernières réside dans le fait qu’à leur tête, trônent de petits blancs, parfois de simples stagiaires en France, qui viennent s’initier au métier.

    Nombreux n’ont pas été surpris en apprenant qu’en réalité, derrière ce gigantesque dossier, se traduit la boulimie financière de l’avocate et de son frère, à vouloir gérer la manne de la communication du pays. Une expérience vécue à l’issue des états généraux de la communication.

    A cette occasion, elle avait introduit dans le rapport final des travaux, le projet de création d’un super ministère de la communication, de l’économie numérique, de la poste, de la culture et des arts. Ce point n’ayant été évoqué en commission, les participants avaient refusé d’adopter le rapport. Suite au rejet du texte par le Conseil d’Etat, le ministre et son cousin ont rédigé une note au président de la République, le 22 Juin 2015, dans laquelle ils fixent les attributions du Porte parole du Président de la République. Sans changer l’esprit du texte.

    Un passage en force pour contourner le Conseil d’Etat. La finalité reste la même : prendre le contrôle de la communication institutionnelle avec pour otage Ali Bongo lui-même. Les apparitions de Denise Mekam’ne et Alain Claude Billie By Nze parmi les membres fondateurs du Mogabo, en sont la parfaite illustration.

     

    Henri Gauthier

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