lundi, avril 15, 2024
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    Ali Bongo Ondimba continue de s’opposer à la tenue d’un dialogue national sans exclusif

    Ali Bongo dialogue

    Face à la détérioration sans précédent de la situation politique, économique et sociale du pays, la société civile, le Front uni de l’opposition et certaines personnalités du pouvoir ont appelé à la tenue d’un dialogue national sans  inclusif et sans tabou avant l’élection présidentielle de 2016. Et pour toute réponse: «…Il n’y aura pas de dialogue en dehors du conseil national de la démocratie, CND (…) », a martelé Ali Bongo Ondimba, le 17 août dernier, lors de son discours à la Nation livré à l’occasion des 55 ans d’accession du pays à la souveraineté internationale. Un CND exclusif aux formations politiques reconnues et dont la configuration retouchée est contestée par l’opposition radicale qui boycott ses travaux.

    De l’avis d’un observateur, dialoguer au sein du Conseil national de la démocratie (CND) reviendrait à aller à une élection présidentielle perdue d’avance avec l’actuelle cour constitutionnelle. Une sorte de tour de pise qui ne se penche que du même côté. En somme, le CND n’est pas crédible puisque taillé à la mesure du pouvoir en place et acquis à sa cause. Pour le moins qu’on puisse dire, il est jugé comme l’émanation parfaite du refus du chef de l’exécutif à l’ouverture d’un dialogue. Son exhumation très récente a été perçue comme un frein à la conférence nationale souveraine exigée par la société civile et l’opposition depuis 2010.

    Vendredi dernier, Daniel Mengara, le président du mouvement Bongo doit partir (BDP) et porte-parole de la diaspora en Amérique du nord, a proposé une assemblée constituante aux fins d’accabler Ali d Bongo face à son refus de dialoguer. Selon lui, le soulèvement populaire demeure la seule voie de recours avant l’élection présidentielle de 2016. A la suite duquel une révision constitutionnelle sera faite. Et, une nouvelle République proclamée.

    Bien avant lui, Moukagni Iwangou, le président en exercice du Front uni de l’opposition, avait réagi sur l’urgence de la tenue d’un dialogue national. Autrement dit, l’opposant au régime en place exprimait l’idée des échanges auxquels il a pris part à Washington, à l’invitation de l’Etat américain et aux côtés d’autres opposants gabonais, sur l’alternance politique au Gabon. Dans le même ordre d’idée, la société civile a annoncé l’organisation des assises démocratiques nationales du 24 au 26 août à Libreville. Celles-ci, a-t-elle indiqué, tiennent lieu de sa contribution à la résolution de la crise généralisée au Gabon. Le but recherché par ce forum vise le démarrage d’une large concertation autour de la problématique de la gouvernance. Ajouté à cela, une analyse profonde des demandes sans cesse croissant de la population gabonaise en matière politique, économique et sociale.

    Le forum débouchera sur l’adoption des résolutions qui prendront en compte la rédaction d’un projet de constitution. Et surtout, la mise en place d’un organe permanent de la société civile au Gabon pour la défense de la démocratie et la bonne gouvernance.

    Selon toute vraisemblance, l’annonce du refus d’ouverture d’un dialogue national par le chef de l’exécutif risquerait de mettre en mécanique certains mouvements dans les jours à venir.

    Henri Gauthier

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