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EDITORIAL : Ce vent de panique…et de destitution !

Désiré Ename
Désiré Ename

Par : Désiré Ename

Nantes. L’acte de naissance est le document basique que tout citoyen possède. C’est la première pièce que l’on demande dans la composition du dossier de base de la vie d’un homme, à savoir le dossier scolaire. C’est le document de base incontestable qui atteste de sa filiation à un père ou à une mère. D’où la question : comment sa petite majesté Ali Bongo Ondimba a-t-il traversé son cursus au primaire, est-il entré dans le secondaire et a-t-il poursuivi des études universitaires couronnées par une thèse en géographie sur le Transgabonais, pour obtenir un doctorat en droit, dit-il ; organisé son entrée dans la fonction publique, sans avoir constitué de dossier incluant ce document capital ? Car, eu égard à l’enchaînement de la situation de son état civil, cette question de fond ne peut pas ne pas se poser. Récapitulons.

En avril 2009, sa petite majesté, à la faveur d’une émission, lors de manœuvres militaires qui avaient eu lieu à cette période, déclare à tous les Gabonais, qui en restèrent médusés, qu’il n’était pas né au Biafra, comme on veut le faire croire ; mais qu’il était bien né le 9 février 1959, à Brazzaville. Venir l’annoncer à cette période, alors que cette question ne faisait l’objet ni de supputation encore moins de débat, a étonné plus d’un. Quelle en était l’opportunité ? Les motivations ? Que se tramait-il ?

De but en blanc, le 29 mai, soit quasiment un mois plus tard, un acte de naissance est établi par le maire du 3e arrondissement de Libreville, Serge William Akassaga, pour un enfant né à Brazzaville d’Albert Bernard Bongo et de Kama Joséphine. Le nom de cet enfant : Ali Bongo Ondimba. C’est cet acte de naissance qui va servir à la constitution de son dossier de candidature lors de l’élection présidentielle d’août 2009.

Ce n’est pas enfoncer des portes ouvertes que d’affirmer que la mairie du 3e arrondissement n’était pas habilitée à retranscrire un acte de naissance. C’est une prérogative dévolue à la mairie du 1er arrondissement pour toutes les personnes nées à l’étranger. Puis, des démarches, à Nantes, dès le début du mois de novembre 2014 vont corroborer le fait qu’il n’y avait pas d’acte de naissance au nom d’Ali Bongo Ondimba dans les archives de Nantes, réponse noire sur blanc de l’officier d’état civil. Le débat qui s’ensuivra, assorti de plaintes de Gabonais qui saisissent la cour civile de Libreville, restera sans issue, puisque cette cour saisie pour trancher la nature de ce document se déclarera incompétente, à travers une communication télévisée du procureur, Sidonie Flore Ouwé.

Dans le mois qui a suivi, en décembre 2014, la présidence de la République fournit au Monde.fr un acte de naissance qui émanait de la mairie de Brazzaville. Cet acte ne porte ni le sceau de l’AEF ni la signature de l’autorité municipale. Une déclaration de naissance signée juste du père de l’enfant, Albert Bernard Bongo. Lemonde.fr, qui refusera d’endosser cette découverte en citant sa source, présidence de la République du Gabon, suggérera à l’intéressé de passer un test ADN, seule possibilité de trancher sur ce débat où il est suspecté de n’avoir aucune filiation avec Omar Bongo Ondimba.

Puis, une démarche des Gabonais, à Nantes, au mois de juin dernier, alors qu’Onaïda Maisha Bongo Ondimba avait, quelques mois auparavant, initié des actions en justice, à Libreville et à Paris. A ces Gabonais, il leur est opposé un extrait informatisé sans filiation donnant des informations contenues dans l’extrait du Monde.fr. Ensuite il y a ce procès, à Nantes, qui se confirme le 22 septembre 2015, puis reporté au 8 octobre et qui se tient finalement le 22 octobre. On va tout voir. On ne comprend pas pourquoi sa petite majesté va dépenser tant d’énergie, alors qu’il suffisait d’une seconde de parole pour demander à son notaire de présenter l’acte de naissance fourni, selon la même notaire, au dossier de notoriété, à sa petite sœur.

Contrairement à cela, Onaïda est intimidée à travers des lettres ouvertes dont la signature les « enfants Bongo Ondimba » est contestable, dans la mesure où certains de ces « enfants Bongo Ondimba » sont solidaires de l’action d’Onaïda et le lui font même savoir par écrit. C’est ensuite la presse proche du pouvoir qui se déchaînera sur elle. Sa petite majesté n’a même pas eu pitié de la fragilité de sa petite sœur. La sécurité des familles Myboto et de Paul-Marie Gondjout, époux de Chantal Myboto-Gondjout, est menacée. Des informations capitales sont révélées sur un gang de voyous chauffés à blanc, afin d’attaquer nuitamment les domiciles des concernés. Pourquoi tant de fébrilité si sa petite majesté était serein ? La suite, on la connaît. Onaïda remporte le bras de fer contre Ali Bongo Ondimba.

Car il s’agit bien d’un bras de fer dans lequel sa petite majesté a bombé tous ses muscles. A Libreville, où l’affaire commence, il verrouille tout. Il va s’escrimer à payer des avocats. Usant même de passerelle pour dissuader la démarche d’Onaïda. En coulisses, d’interminables tractations, mais le tribunal civil de Nantes reste intraitable. Il rend sa décision en faveur de la demande d’Onaïda et donc en toute impartialité. Donnant par la même occasion une leçon d’indépendance à la cour civile de Libreville. A partir de là, des questions essentielles surgissent.

D’abord le rendu de cette décision intrigue, en ce qu’il n’autorise pas Onaïda à divulguer les informations qui seront en sa possession. Pourquoi le tribunal de Nantes prend-il cette précaution ? Est-ce seulement pour la préservation des éléments de vie privée d’Ali Bongo Ondimba ou alors parce que cela a à avoir avec les alertes alarmistes données par les avocats Dumont-Benghi et Patrice Moudoumbou, avocats d’ABO, et Lydie Relongoué dans leur argumentaire ? Ces derniers ont argué que le but était de permettre à Nantes de dégoupiller la grenade qui allait permettre d’embraser le pays. Qu’est-ce qui justifiait cette allusion à la violence ? Alors que la demande d’Onaïda était clairement formulée : avoir accès au fichier d’état civil d’Ali Bongo Ondimba, qui a dit être né à Brazzaville, se trouvant au service des archives de l’état civil des personnes nées sous la coloniale dans les territoires de l’AEF.

Pourquoi Me Dumont-Benghia-t-elle cherché à ramener ce dossier à Libreville, sur le terrain d’Ali Bongo Ondimba, poussant le procureur de la République à juger la cour civile de Nantes incompétente ? Pourquoi parler de menace de guerre civile ? En quoi l’accès à un document dans le cadre d’un procès privé constitue-t-il une menace de guerre civile ? Les avocats conjoints de sa petite majesté et de Relongoué envisageaient-ils, sans le dire, la crainte de l’application de l’article 10 de la Constitution de la République gabonaise, anticipant sur une situation que la diversité des notaires de la succession et leurs avocats connaissent indubitablement ?

Au vu de ce vent de panique et (…) de destitution qui s’empare tout à coup de l’establishment et de son chef, voulant rechercher des voies d’entente ; au vu du rendu de Nantes où même le juge a émis de sérieuses réserves sur l’authenticité de cette naissance à Brazzaville, sans être docteur en droit, la réponse de Nantes n’y est-elle pas perceptible ?

Article publié le 23 Novembre 2015

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