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    Les flics bombent le muscle face aux manifestants contre les violences policières

    marche police
    Policiers sur leurs dents pour faire échec à une marche pacifique contre les violences à leur actif

    C’est armes au point, bombes assourdissantes et lacrymogènes en bandoulière, logistique de guerre en position d’attaque, tireurs d’élite en embuscade, que les forces de défense et de sécurité ont fait front commun contre des manifestants aux mains nues. Des hommes, femmes et enfants qui protestaient pacifiquement contre la barbarie d’un autre âge infligée par des policiers incultes des notions de droits de l’Homme à des femmes commerçantes d’un âge très avancé, qui manifestaient contre les rackets devenus légion à leur encontre.

    Les ‘’rangers’’ ont marché sur le droit, c’est l’enseignement à tirer de l’important déploiement policier dans les rues de Libreville dans la matinée du jeudi 26 novembre courant, en vue d’étouffer une marche pacifique organisée à l’initiative de la société civile, à la suite du traitement infamant dont ont été victimes des femmes commerçantes de l’ancienne gare routière, qui protestaient contre les rackets policiers notamment. Pour la petite histoire, la descente sur le site de la grogne, il y a quelques semaines, d’une unité de la préfecture de police de Libreville, PPL, s’était soldée par un traitement avilissant des manifestantes, transportées en petite tenue à l’arrière d’un camion militaire, avant d’être gardées à vue, en tenue d’Adam, dans les locaux de la PPL, puis déférées, sans autre forme de procès, à la prison centrale de Libreville.

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    La marche du jeudi 26 novembre 2015 a été illégalement stoppée de force au niveau du carrefour Saint-Michel du quartier Nkembo, après son départ pris au marché municipal de Mont Bouet

    La vidéo de ces actes de maltraitance avait fait le buzz sur la toile, au point de susciter une onde d’indignation qui a fortement écorné l’image du pays. ‘’Plus jamais ça’’, pouvait-on lire sur les tee-shirts arborés par les manifestants, dont la marche débutée au niveau du rond point du marché de Mont Bouet a été écourtée de force au niveau du carrefour de l’église catholique Saint Michel, dans le deuxième arrondissement de Libreville. Les flics, visiblement surchauffés, ont brandi l’alibi d’absence d’autorisation. Toute chose qui a permis d’étaler à la face du monde leur méconnaissance criarde des procédures de droit. Signe de cet endurcissement à enfreindre la loi, le refus manifeste d’entendre raison après que les manifestants eurent brandi l’accusé de réception des lettres d’information adressées à l’autorité municipale dans les délais légaux, et dont l’absence de réponse officielle dans les 48 heures qui suivent leur dépôt, constitue, selon la loi, un accord tacite. Les centres de formation d’officiers de police judicaire gagneraient à mettre au goût du jour ces notions élémentaires de droit. Ce qui permettrait d’extirper cette incongruité de violence aveugle, à rebours du droit.

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    Une vue des personnalités engagées en première ligne

    Plusieurs personnalités publiques s’étaient jointes à cette marche pacifique muselée, qui aurait pu aboutir à la remise d’un mémorandum au Premier ministre, Daniel Ona Ondo, au niveau de l’Immeuble du 2 décembre abritant ses services. Déterminées à faire parler le droit, les femmes initiatrices de cette marche entendent remettre sur la table son organisation, en dépit du fait d’avoir été victimes, pour la deuxième fois, d’une intimidation policière en l’espace d’une semaine. Objectif avoué, se refuser à donner caution à des violences policières contre les femmes. Face à l’entêtement des flics à marcher sur le droit, les femmes victimes de ces interdictions arbitraires à manifester ont fait le choix de saisir les instances de médiation à l’échelle internationale.

    Paul Davy

    Article publié le 27 Novembre 2015

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