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    Appel à la vigilance face aux risques d’un dialogue national « mort-né »

    ali
    Poussé dans les cordes par la charge de la fonction présidentielle, Ali Bongo peine à poser politiquement pied, défavorisé par son amateurisme

    L’annonce de cette grand-messe prévue courant le premier trimestre 2016, a été rendue publique à la faveur de l’assemblée générale des commissions du conseil national de la démocratique, CND, bouclée samedi dernier à Libreville.

    La menace d’un dialogue pipé est à prendre au sérieux, tant l’ institution proposée pour accueillir ces assises, c’est à dire, le conseil national de la démocratie, CND, manque de qualité suffisante pour se prononcer sur la nature des débats qui doivent s’inviter à ces travaux. Une urgence d’ordre du jour, dictée par l’actualité brûlante, fondamentalement marquée par la faillite du système politique Bongo-PDG qui caporalise à souhait les institutions républicaines, en sapant le droit de vote et les libertés publiques. Une patrimonialisation de l’Etat et de la chose publique, dans laquelle les gabonais sont voués aux réducteurs rôles de sujet du clan Bongo. D’où l’impérieuse nécessité d’un dialogue national sans tabou, dont les ficelles ne sauraient être tirées par Bongo II et sa horde de courtisans. La libération du pays du joug Bongo-PDG, est à ce prix.

    D’autre part, le CND confiné aux attributs de chambre d’enregistrement, ne saurait être le creuset idéal de discussions. Primo, sa démonétisation, qui résulte de son manque de légitimité. Signe des temps, l’institution est désavouée l’essentiel des partis politiques de bord opposition, en dépit de la ruée vers les jetons de présence de nombreux partis politiques qui font profession de fonds de commerce. Secundo, amputé de pouvoir décisionnel, le CND est naturellement disqualifié à pondre des résolutions ayant force de loi. L’une des grossières impostures de cette politique spectacle en préparation, est le non dit de la mise sous le coude d’une préoccupation de haute importance, le cas de haute trahison dont s’est rendu coupable Ali Bongo à travers un faux en écriture publique et usage de faux, en présentant un faux acte de naissance dans son dossier de candidature lors la présidentielle anticipée de 2009. L’omission à dessein de ce point crucial et la restriction du CND aux rôles de conseil du gouvernement, faussent d’entrée le débat de fond, et réduisent in finé l’organisation de ces assises dans ce contexte vicié, à une simple opération de masturbation intellectuelle opérée sur le dos du contribuable. Une comédie politique grandeur nature, qui vise à consacrer l’impunité d’Ali Bongo, et passer sous silence sa gestion approximative du pays, près de 7 ans après son hold up électoral. Les mallettes pleines de pognon promises à ceux qui se prêteraient au jeu, suffisent-elle pour vendre son âme au diable et à ainsi livrer le pays aux prédateurs de tout acabit qui souillent la terre de nos ancêtres, mettent à mal notre présent et hypothèquent dangereusement l’avenir de nos enfants?

    L’opposition au régime et la société civile libre ont été claires dans l’offre des préalables à la tenue de ce dialogue national. Des assises conditionnées notamment à la mise en place par voie réglementaire d’un cadre spécial d’organisation de discussions inclusives, dont les actes seront exécutoires, et non laissés à l’appréciation d’Ali Bongo, qui fait lui-même parti du problème, et ne saurait nullement enfiler contre le bon sens, le costume de juge. Un rôle laissé plutôt aux instances internationales, sollicitées en qualité d’arbitre.

     Evoluer en dehors de ce cadre normatif, revient à botter en touche, en prenant le risque incalculable de laisser la marmite Gabon bouillonnante à saturation, jusqu’à ce que saut du couvercle s’en suive. Cette situation entretenue de statut quo, voir de pourrissement, à cette heure avancée de crise profonde, revient à comme laisser place à toutes les hypothèses qui seraient mises sur la table. Car faute d’assainissement de l’environnement des discussions, le pays s’expose à !!!

    Avis aux réfracteurs aux principes démocratiques, un Noël à la Robert GuéÏ, est loin d’être une plaisanterie de bon goût.

    .Paul Davy

    Article publié le 12 Décembre 2015

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