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    Intensification de la grève des personnels de santé

    grève H
    Les indicateurs du secteur santé sont au rouge

    Après le sit-in à la primature le 25 janvier 2016, qui s’est avéré infructueux, l’ensemble des syndicats du secteur santé associés à celui des affaires sociales ont décidé du durcissement de leur mouvement d’humeur, en vue de sortir le gouvernement de sa réserve. Ce qui a conduit les grévistes depuis le 1er février dernier, à notamment barricader l’entrée principale du Centre hospitalier universitaire de Libreville (Chul), empêchant ainsi l’admission de nouveaux malades.

    Dans la chronologie des actions de protestation, l’on peut citer d’entrée la sortie des salles de classe manu militari des étudiants de l’Institut National de Formation et d’Actions Sanitaires et Sociales par les personnels syndiqués. Puis la perturbation de l’activité médicale au sein du Centre hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) avec des barricades érigées à son entrée principale. Le centre hospitalier régional de Mélen n’est pas resté en marge de cette action forte. « La santé est un secteur névralgique avec lequel il ne faut pas jouer(…). Nous allons réduire davantage le service minimum en retirant tout le personnel soignant dans les hôpitaux de Libreville et de l’intérieur du pays. Seuls les majors assureront le service », a martelé Joël Ondo Ella, président de l’UPSA, principal syndicat du secteur santé au Gabon. De son côté, le gouvernement poursuit dans son mutisme assourdissant. Visiblement imperturbable depuis le déclenchement de cette grève, l’exécutif s’est jusqu’ici refuser à inviter l’UPSA à la table des négociations.

    Selon l’UPSA, la léthargie du gouvernement est manifeste dans bien de pans, dont le paiement de la prime d’incitation à la performance (Pip) du 2ème trimestre 2015, le règlement des rappels, l’absence d’organisation du concours professionnel, tout comme l’ouverture des écoles de santé dans les communes de Makokou et de Mouila, respectivement capitales provinciales de l’Ogooué Ivindo et de la Ngounié. A cela s’ajoute la régularisation de la situation administrative des personnels de la main-d’œuvre non permanente, outre la réhabilitation du centre national de santé mentale de Melen. Ces principaux points insatisfaits ont motivé la décision de poursuite du mot d’ordre de grève jusqu’à satisfaction totale.

    Les gabonais ont encore en mémoire le souvenir vif de cet autre mouvement d’humeur sévère qui avait paralysé les hôpitaux de la capitale courant 2009. Un mouvement d’humeur qui n’avait connu de service minimum pendant quatre mois. Ce qui avait obligé le gouvernement de l’époque à avoir recours aux personnels de santé militaire. L’actuel Premier ministre, Daniel Ona Ondo et son équipe seront-ils également tentés de solliciter les services des militaires comme supplétifs des personnels en grève ?

    A ce jour, l’équipe gouvernementale est accusée de trainer le pied dans le règlement des doléances soulevées, et qui chaque année, sont à l’origine de mouvements de grève perlées dans le secteur santé.

    La situation pourrait davantage s’enliser si de solutions concrètes n’étaient apportées dans ce bras de fer qui dure depuis deux semaines. Des bruits de couloirs font état de tractations entre les parties, visant à nouer le fil.

    Nedjma le Monde

    Article publié le 04 Février 2016

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