lundi, avril 15, 2024
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    Présidentielle 2016: L’UE et le Gabon parviennent à un accord sur l’observation de l’élection présidentielle

    Photo de famille à l’occasion de la réunion des Médiateurs et Ombudsmans d’Afrique centrale. © Gabonreview
    Photo de famille à l’occasion de la réunion des Médiateurs et Ombudsmans d’Afrique centrale. © Gabonreview
    Le Gouvernement gabonais et l’Union européenne sont enfin parvenus à un accord sur l’observation de l’élection présidentielle du 27 août prochain. Le document a été paraphé le 25 juillet dernier, après moult hésitations de la partie gabonaise qui ne voulait pas que la Mission d’observation européenne (MOE) regarde l’ensemble du processus de bout en bout. Le gouvernement gabonais voulait « un simple accompagnement » qui l’aurait aidé à légitimer le coup de force qu’il s’apprête à réitérer à cette occasion. La partie européenne ne voulait pas jouer ce rôle de faire-valoir. Selon un membre influent de la société civile gabonaise bien imprégné de ces négociations, « l’UE a menacé de repartir si le gouvernement n’acceptait pas la plupart de ses exigences. » Cette pression et le désastre d’un divorce avec l’UE, qui aurait signifié que les pays du vieux continent n’allaient pas reconnaitre les autorités issues d’un tel processus, ont sans doute faire plier le Gouvernement.

    Dans un communiqué de presse rendu public aussitôt après cette signature, l’UE ne fait pas mystère du rôle qu’elle vient jouer au Gabon. « La Mission opère en toute indépendance et de manière neutre. Son mandat est d’observer toutes les étapes du processus électoral y compris la campagne électorale, le vote et la consolidation des résultats afin de réaliser une évaluation détaillée, impartiale et objective de l’ensemble du processus électoral au regard des normes nationales et internationales. » René Aboghe Ella et Marie Madeleine Mborantsuo sont avertis. L’un ne pourra plus centraliser les résultats tout seul comme il l’a si bien fait en 2009, et l’autre ne pourra plus balayer d’un revers de main, comme à son habitude, le contentieux qui va s’ensuivre.

    La MOE va compter près de 60 personnes et sera dirigée par Mme Mariya Gabriel, une députée européenne qui siège dans le groupe du Parti populaire européen (PPE). Elle a une longue expérience d’observation des élections. La dernière en date fut celle organisée par la République démocratique du Congo (RDC) en 2011. Elle aura besoin de tous ces acquis pour contourner les nombreux obstacles qui vont dès à présent jalonner son parcours au Gabon. Bongo Ondimba Ali (BOA) ayant la réputation de ne jamais tenir ses promesses. Pas si sûr qu’il veuille respecter la signature de l’État dans le cadre de cet accord. Pour lui cela signifierait impossibilité de truquer le scrutin.

    Par Jean Michel Sylvain

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