mercredi, décembre 6, 2023
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Les erreurs du passé instruisent le présent… et l’avenir

Par Désiré Ename

Nous l’avons prédit. Bongo Ondimba Ali (BOA) sera un homme seul. Isolé de,tous. Dans notre édition N° 352, nous disions au président sortant que ses faucons tissaient pour lui la pire des toiles comme option. Notamment celle qui consistait à user de maquillage pour retourner les chiffres en sa faveur. Notre pro- pos était le suivant : « Dans tout ce bloc, BOA a décidé de jouer sur deux tableaux. Dans le premier, il fait mine de s’engager et d’accéder aux propositions de la communauté internationale, le temps que ses limiers peaufinent le plan du vol des élections. Et dans cela aussi sur les conseils des modérés du groupe pour qui il n’y a rien à faire, et que même en trichant sur les PV, il sera impossible de rattraper l’écart. Et l’option suicidaire d’éliminer des PV entiers issus des centres de vote à travers le territoire national où il a été copieusement laminé par Ping ne convaincra personne. A ce propos, les observateurs de l’UE ont déjà glissé un avertissement. C’est malheureusement cette option suicidaire que lui conseillent les Faucons dont les têtes de proue, entre autres, sont Marie-Madeleine Mborantsuo, René Aboghe Ella, Jean- Pierre Oyiba, Pacôme Moubelet, Alain-Claude Bilie By Nze, et d’autres tapis dans l’ombre. »

Nous poursuivions en laissant à BOA et ses faucons toute leur liberté et leur libre arbitre. Nous disions : « BOA est libre de suivre la voix qui lui plaît. Et nous sommes convaincus qu’il se fermera naturellement à l’obligation de reconnaître sa défaite et la victoire de Jean Ping. » Les événements nous ont donné raison. Poursuivons avec cette série de rappel. Nous ajoutions : « La seule option est celle qu’ils ont dessinée depuis plusieurs mois : s’imposer et gérer le contentieux et la rue avec. Ils espèrent, comme c’est devenu coutumier, amener la communauté internationale au fait accompli. Après tout, Nkurunziza n’a-t-il pas fait des charniers au Burundi, qu’a fait la com- munauté internationale ? » Et c’est ici que BOA a eu tout faux. Pourquoi ? La réponse est toujours contenue dans notre pièce de cette semaine-là (EDN 352) : « BOA ne s’embarrassera pas de se poser les bonnes questions sur les nombreux enjeux et les différences entre les deux régions, celle d’Afrique centrale et celle des Grands Lacs. » C’est exactement ici que BOA n’a pas fait l’analyse approfondie du cas Nkurunziza. Parce qu’une fois de plus, il ne se pose jamais les bonnes questions. Quel est le contexte global des Grands Lacs ? Quel a été le contexte des élections présidentielles au Burundi boudée par l’opposition ? Nkurunziza élu, même avec la participation d’une opposition de façade, la communauté internationale pouvait-elle cautionner un coup d’Etat renversant un président, même élu dans une présidentielle boycottée par les principaux partis de l’opposition ? Toutes ces questions et d’autres auraient pu per- mettre à BOA de comprendre qu’il allait être difficile de passer en force. De s’impo- ser et d’obtenir, même en multipliant par mille le nombre de morts, le silence dans la rue. Parce que la rue, comme cela s’est vu ces dernières semaines, n’allait avoir qu’une réponse des plus fermes.

Mettre la communauté internationale devant le fait accompli ? Une autre erreur d’appréciation des faucons. Ce d’autant plus que le gouvernement de BOA avait, d’un commun accord, approuvé un mémorandum avec la mission d’observation de l’Union européenne (MOE). C’est ce que vient de lui rappeler le porte-parole de l’UE au Gabon en ces termes : « Jusqu’à la conclusion du processus électoral, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne continuera à observer toutes les étapes, notamment le contentieux électoral, en ligne avec le mémorandum conclu avec le gou- vernement. L’Union européenne continuera à œuvrer pour un dénouement pacifique et juste de la crise qui nécessitera un accompagnement post-électoral fort par la com- munauté internationale. » L’équipe des faucons de BOA devrait décrypter les termes de ce communiqué. Et en cerner la portée dissuasive. La communauté internationale, dans le cas du Gabon, fait la positive démonstration que les erreurs du passé instrui- sent le présent, pour améliorer l’avenir.

La semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères, s’appuyant sur la souveraineté du Gabon, exigeait le départ des observateurs de l’Union européenne. Ces observateurs sont toujours au Gabon. Mais mieux, la fermeté de la communauté internationale est allée crescendo. A la position commune, la France vient de soulever le problème de ses ressortissants qui manquent au compteur. Nous croyons savoir que l’un d’entre eux, Rodney Mbeng Ekorezock, Français de naissance, est porté disparu. Il y a en a d’autres.

Nous disions dans notre édition de référence, EDN 352, que BOA et ses faucons seront irrémédiablement seuls. C’est le cas. Quel message les faucons et BOA adressent-ils au monde ? Qu’ils vont mourir les armes à la main ? Absurde. Car les grands perdants ne seront guère BOA, encore moins Opiangah et consorts. Mais les perdants seront bien Nourredine, Jahlil Edouard, Malika et ses enfants, Fabrice Andjoua, Ebori Mborantsuo, etc.

A la chrétienne Marie-Madeleine Mborantsuo, à qui le pape François vient d’adresser un message, de se demander si cela en vaut la peine. Car il y a un cri dans la rue qui, incontestablement, est en train de conduire le Gabon vers une nouvelle ère. Ce cri ne s’arrêtera que si la vérité est dite. Et c’est à elle qu’il revient de la dire !

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