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    Dénonciation de la dictature de BOA: un groupe de hackers basé en Russie pirate le site de la Caf

    Un groupe de hackers prétendant être basé en Russie a fait la pluie et le beau temps sur le site de la Confédération africaine de football, Caf, le week-end dernier. Les hackers ont déclaré avoir été responsables de la fermeture du site de la Caf (http://www.cafonline.com). Une initiative qui avait pour but de condamner l’instance sportive continentale organisatrice de la Coupe d’Afrique des nations, Can, qui a coopéré avec un usurpateur qui s’est rendu coupable d’un hold-up électoral, en méconnaissant le résultat des urnes et en bafouant la volonté du peuple gabonais.

    Alors que les premiers jours de la Can se sont caractérisés par l’indifférence totale des populations et l’arrestation arbitraire de quatre jeunes pacifistes qui contestaient l’organisation de cette compétition sur nos terres, un courriel électronique aurait été envoyé à l’agence de presse affirmant que le groupe de hackers, le New world hackers, qui serait basé en Russie, avait endommagé le site officiel de la confédération et de ce fait de la Coupe d’Afrique des nations. Le site était donc inaccessible durant plusieurs heures le samedi 21 janvier dernier. Les initiateurs de ce boycott ont déclaré avoir agi pour protester contre l’organisation de cette compétition, de haute envergure, dans un pays où le président non-élu tue et violente ses populations : « Nous avons fait cela en signe de protestation contre le Gabon. La Can se joue dans un pays où le président tue des innocents. C’est un message fort que nous avons envoyé », a déclaré un dénommé Kapustkiy, l’un des hackers responsable du piratage.

    Confus, les responsables n’ont pas voulu confirmer dans l’immédiat s’il y avait eu effectivement destruction du site. Le porte-parole de la Caf a déclaré néanmoins à l’agence AP qu’il « ne pouvait pas dire s’il y avait des problèmes techniques avec le site web ou s’il avait été attaqué ouvertement ». Pendant plus de deux heures, les techniciens de la Caf ont tenté de rétablir le site mais en vain.

    Cette sortie de hackers s’est faite après de nombreuses objections à l’organisation de la Can 2017 au Gabon, un pays en pleine crise et sous la dictature d’Ali Bongo, qui ne devrait en aucun cas accueillir la plus grande manifestation sportive du continent. Alors que les contestations contre cette manifestation sportive allaient crescendo au-delà des frontières nationales, Ali Bongo se pavanait au stade de l’Amitié Sino-gabonaise, samedi 21 janvier dernier, dans le but d’encourager les Panthères. Comme s’il redoutait le pire, Ali Bongo était gardé de près par une cohorte de gardes du corps armés jusqu’aux dents, surement préparés à parer à toute tentative à l’endroit du « dictateur ». Nul doute que le « faussaire » est conscient du ras-le-bol des gabonais qui ne ménagent aucun moyen pour exprimer leur ressentiment. En effet, depuis plusieurs mois, des grèves sont observées tous azimuts dans le pays. Les systèmes éducatif et judiciaire, entre autres, sont bloqués suite au laxisme du gouvernement qui a préféré passer sous silence les revendications exprimées ici et là, et organiser la Can 2017, le nouveau caprice de BOA.

    Alors que Kapustkiy, Cyric et Maxie, les trois hackers, se félicitent du message sans ambiguïté qu’ils viennent d’envoyer aux responsables de la Caf, à BOA ainsi qu’à ses sbires, les gabonais, dont les vies sont désormais organisées au rythme des grèves et du déni du gouvernement des réalités quotidiennes, s’interrogent sur les retombées d’une telle manifestation sportive organisée par les émergents.

    Par Aria Starck

    publié le 23 Janvier 2017

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