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    Inondations: L’absence d’empathie d’Ali Bongo est choquante

    l’échangeur de Nzeng Ayong jouxtant l’école primaire Bambino villa, inondé,

    Une partie de Librevillois a vécu un véritable cauchemar le week-end écoulé. Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale ont occasionné d’énormes dégâts dans les quartiers sous- intégrés. Les habitants de Plein-Ciel, par exemple, ont tenu à exprimer, dans la jour- née de samedi, leur colère en barricadant la voie express. Un mouvement d’humeur réprimé dans la violence policière caractéristique du régime militaro-fachiste sanguinaire de BOA. Ils étaient pour la énième fois victimes de l’incurie et du manque de vision de ceux qui accaparent le pouvoir au Gabon.

    Comme interlocuteurs pour comprendre et compatir à leur malheur, le gouvernement leur a envoyé des hordes de policiers armés de bombes lacrymogènes et de matraques, pour « dialoguer » avec eux dans une répression aveugle et barbare. Ce mouvement aurait dû être perçu comme un appel au secours à l’endroit des autorités, de la part des populations qui vivent les affres de l’inondation à chaque grande pluie. La « solidarité du gouvernement » a plutôt accru la douleur.

    Après l’effervescence des mil- liards de francs dépensés pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (Can 2017), place aux pleurs et aux lamentations dans les chaumières. A Plein-Ciel, l’un des quartiers les plus touchés par ce déluge, les maisons près du canal sont plongées dans les eaux, prêtes à s’écrouler, après que la puissance des eaux eut fragilisé les fondations. Un véritable spectacle de désola- tion. Les sinistrés, totalement abattus et abandonnés à eux- mêmes, ne savent plus à quel saint se vouer. Parmi eux, des familles entières, des personnes du troisième âge et des enfants…

    Du côté matériel, les pertes sont inestimables : appareils électro- ménagers, mobiliers, vêtements, documents administra- tifs sont désormais irrécupérables. Comme si cela ne suffisait pas, les sinistrés ont relevé la disparition d’une sexagénaire qui, selon eux, se serait sans doute noyée. « Dans une mai- son, il y avait une veille femme qu’ils n’ont pas pu sauver. On ne pourra retrouver son corps que lorsque les eaux auront tari. Qu’est-ce que nous avons de moins que les autres habitants de Libreville ? Chaque année nous perdons tout, sans que cela ne touche personne », s’est offusqué un habitant de Plein-Ciel. Ses voisins ne comprennent pas comment on peut envoyer des policiers tirer sur des Gabonais au lieu d’envoyer les pompiers secourir des populations éplorées. Les autorités ont choisi de réagir avec violence à la moindre revendication légitime des Gabonais : « Ils sont arrivés au petit matin et n’ont même pas cherché à nous aider. Ce sont des éléments de la Fopi qui nous ont tiré dessus. Vous voyez la bande sur mon pied, je me suis blessé en fuyant les lacrymogènes », a déclaré une femme âgée venant du quartier Belles-Peintures.

    Mais comment peut-on choisir la répression là où les victimes cherchent le soutien moral et matériel que tout gouvernant sérieux doit naturellement manifester à ses concitoyens en danger et fragilisés. « Ils sont plus occupés à organiser leur dialogue pendant que les Gabonais souffrent, après on va encore organiser des spectacles, des courses et tout ça, alors que nous nous souffrons tous les jours », a déploré un Librevillois dont la maison était plongée sous les eaux.
    A Nzeng-Ayong et à Batavéa, le spectacle était identique. Les habitants n’ont pas échappé au déchaînement des éléments la nature. Leurs habitations ont subi la montée des eaux torren- tielles qui ont déferlé sur la ville. Plusieurs d’entre elles, pourtant bien loties et situées en zone bien aménagée, se sont inondées.

    Pendant que BOA choisit d’investir des milliards dans des divertissements de tous genres, les Gabonais, eux, se demandent où est le projet d’aménagement des bassins versants de Libreville, financé à coups de centaines de milliards par la Banque africaine de développe- ment (Bad) et l’Agence française de développement (AFD) ? Alors que les Gabonais redoutent les prochaines pluies, le gouvernement d’Ali Bongo est invité à rendre des comptes au peuple. Si le demander n’est pas aussi un crime de lèse-putschiste.

    par Aria Starck

    publie lé 21 Février 2017

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