Magistrature : le Synamag décide de la reprise des activités

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En grève depuis le 12 décembre 2016, les magistrats réunis au sein du syndicat national des magistrats du Gabon, Synamag, étaient en assemblée générale le mardi 14 février dernier pour décider de la suspension de la grève.

Reculer pour mieux sauter, ou lâcher du lest pour une meilleure prise en compte des aspirations, tel est le sens de la décision du Synamag de surseoir  son mot d’ordre de grève  lors de l’assemblée générale extraordinaire du 14 février courant.

 

Pour les membres du  Synamag, il ne s’agit ni d’une capitulation ni d’une renonciation à poursuivre les revendications légitimes qui sont les leurs, mais d’une étape rendue indispensable par les impératifs de l’analyse de la situation et des sollicitations diverses.
C’est fort d’un mouvement de grève corsé qu’après deux mois de grève illimitée, le Synamag a suspendu le mouvement de paralysie des juridictions judiciaires, administratives et financières. Les vraies raisons de cette décision semblent être d’ordre social, vu les importantes  avancées obtenues lors des négociations avec le ministère de tutelle.

 

Déclenchée le 12 décembre dernier, la grève du Synamag qui s’est voulue illimitée  commençait à s’éterniser, et donc à agacer les populations et l’ensemble des acteurs économiques, sociaux, victimes collatérales d’une situation qui a éprouvé le garde des Sceaux Alexis Boutamba Mbina. En effet, pour Germain Nguema, le président du Synamag, le peuple gabonais a été très touché par cette grève : « Le peuple souffre par notre grève, les hautes personnalités ne sont pas vraiment concernées par ce qui se passe. Les détenus sont le commun  des gabonais et ils ont besoin que leur cause soit défendue », a-t-il précisé.

 

Notant des avancées significatives lors des négociations, le président du Synamag a relevé  que : « La réception de nouvelles toges a été obtenue, ainsi que l’attribution des locaux de Batterie IV au Tribunal administratif et à la Cour d’appel administrative de Libreville. Sur les questions financières, nous relevons aussi le paiement des arriérés de la prime d’incitation à la performance, PIP,  même si ce n’est pas ce que nous espérions. Mais vu la situation économique du pays, nous avons accepté ce règlement », a-t-il mentionné. Quant aux locaux des tribunaux administratifs de Port-Gentil et Franceville, l’État aurait consenti des efforts susceptibles d’apaiser le Synamag.
C’est compte tenu de ces acquis que le syndicat a décidé de suspendre le mouvement de grève  pour permettre la poursuite des négociations dans une bonne ambiance. Toutefois, bien que le gouvernement s’est engagé à les satisfaire entièrement, « sans délai », les membres du Synamag ne doivent pas dormir que d’un œil : « Nous savons qu’il  nous donne  des réponses dilatoires et qu’il  tire plutôt bénéfice de cette grève. Alors, nous comptons exiger du gouvernement un échéancier quant à la réalisation  de ce qui reste dans notre cahier des charges. Il devra nous donner des dates précises pour chacune des revendications qui n’ont pas encore trouvé des solutions claires », a tenu à préciser le président du Synamag.
Loin d’apparaître comme des enfants gâtés de la République qui veulent tout et maintenant, les syndiqués du Synamag ont donc décidé de renouer avec la population qui appréciera, sans nul doute, leur sens de responsabilité.

 

En appelant « les chefs de juridiction et de parquet à prendre toute initiative de nature à soulager la longue attente des populations, consécutive à l’accumulation des dossiers et des demandes du fait de la grève», Germain Nguema a regretté que les gabonais soient ceux qui ont le plus souffert de cette épreuve syndicale. Un soulagement pour les justiciables qui attendaient impatiemment que leur cause soit entendue, particulièrement les personnes en détention préventive, les salariés victimes de licenciements abusifs ou encore ces jeunes en quête d’emploi qui n’attendaient que cette décision pour se faire établir des extraits de  casier judiciaire.

 

par Aria Starck

publié le 15 Février 2017